Pour un mouvement « Slow-Dopamine »

Hier, j’ai assisté à une conférence sur le stress au travail. J’ai eu droit à l’habituelle présentation des neurotransmetteurs, et à l’effet de chacun d’eux.

J’ai été quelque peu froissé par le portrait qui a été dressé de la dopamine. En effet, la description qui en a été faite à ce moment était, n’y plus ni moins, celle d’un vilain.

Il est vrai que la dopamine nous fait parfois perdre un peu la tête, et aller trop vite. Mais comme l’histoire nous l’a montré, il faut parfois aller vite, très vite, pour se rendre compte qu’il est préférable d’aller un peu plus lentement.

De la drogue légale, pas chère, à tous les coins de rue

Pensons par exemple au fast-food. Ce concept n’existait pas vraiment avant les années 50. C’est durant cette décennie que les resto-minutes tels que nous les connaissons maintenant ont vu le jour. À ce sujet, le film The Founder est très informatif et divertissant.

Au-delà de la commodité et des bas prix, qu’est-ce qui a propulsé le fast-food vers le niveau de popularité qu’on lui connaît aujourd’hui? Probablement que la dopamine, sécrétée en masse lorsque la première frite salée et huileuse touche nos langues affamées, a joué un rôle majeur.

woman in brown classic trench coat eating mcdo fries during daytime
Le rush initial Pexels.com

Nous connaissons tous la suite. Plusieurs problèmes de santé, surtout ce qu’on appelle le syndrome métabolique (embonpoint abdominal, hypertension, troubles du cholestérol et du taux de sucre), dérivent directement d’une surconsommation de fast-food dans plusieurs cas.

Ainsi, un contre-mouvement suivit: le slow-food. Était-ce pour des raisons de santé uniquement? Probablement pas. Mais pensons-y un instant: si le fast-food serait non-seulement délicieux, pratique, économique mais aussi bon pour la santé, je ne crois pas que la vague du slow-food serait aujourd’hui aussi prononcée. Que vous y adhériez ou non, les livres, émissions et blogues de recettes figurent aujourd’hui parmi les divertissements les plus dévorés par une nouvelle génération de foodies ou d’apprenti-cuisiniers.

Bref, je suis d’avis que le phénomène du slow-food, bien qu’il soit aujourd’hui apprécié pour ses qualités intrinsèques, a pris naissance dans un réflexe de survie de notre espèce qui a perçu dans le fast-food une menace grandissante.

La dopamine et ses masques multiples

Aujourd’hui, une autre menace carburant à la dopamine surgit. Et elle est plus insidieuse, car elle prend différentes formes et se cachent dans nos domiciles. Il n’y a pas de monumentales arches dorées visibles à 500 mètres de distance pour vous avertir du danger. Non. La menace se trouve plutôt dans votre poche de jeans, votre poche de chemise, votre sacoche, sur votre poignet, etc…

Cette menace, c’est le retour de la dopamine, qui veut reprendre son titre de l’ultime neurotransmetteur. C’est la fast-dopamine.

Nous sommes pris en otage, ou presque. Les réseaux sociaux et fabricants d’électroniques, qui représentent certaines des sociétés les plus capitalisées au monde, sont en mission pour prendre d’assault notre système dopaminergique et le rendre dépendant aux cloches, sonnettes et pop-up qui les caractérisent. De par leur omniprésence, ils ont redéfini l’ordre social qui gère plusieurs de nos ambitions et interactions. (Like-moi et je vais te liker, peu importe la qualité du contenu qui suivra.)

Repousser les limites du rush

En voulant toujours plus, notre homéostasie nous pousse vers des extrêmes. Qui aurait prédit, il y a 10 ans à peine, que certains gens ressentiraient le besoin de faire clignoter les lumières de leur salon lorsqu’une notification apparaît sur leur iPhone?

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L’habit ne fait pas le moine

Au final, la dopamine ne jouit pas d’une très bonne réputation. On lui reproche plusieurs des maux du 20e et du 21e siècle. Or, il ne faut pas oublier l’importance capitale de cette molécule magique sur le développement de notre espèce, autant hier qu’aujourd’hui.

De part son action, la dopamine, en quelque sorte, nous incite très fortement à refaire quelque chose d’utile et d’agréable, tout simplement. Que ce soit l’effort supplémentaire que les chasseurs-rassembleurs mettaient à se procurer leur prochain repas, l’acte de se reproduire, ou bien l’effort que met un chercheur à trouver un vaccin miracle, tous le font dans le but ultime de faire surgir un peu de dopamine… en quantité physiologique bien sûr.

Autrement dit, il n’y a absolument rien de mal à vouloir un peu de slow-dopamineNotre survie et, surtout, notre épanouissement en dépendent.

Se soigner à la dopamine

Parallèlement, je ne peux m’empêcher de tenter de réconcilier cette soif intrinsèque de dopamine et la santé.

Jusqu’à maintenant, cette soif se manifeste majoritairement au détriment de notre santé. Que ce soit les frites, la cigarette, Facebook ou les drogues, la plupart des sources de dopamine ne favorisent pas votre santé.

Mais pourrait-on innover et en tirer profit, plutôt?

Que diriez-vous d’une application mobile qui vous envoi un petit 😉 lorsque vous renouvelez vos médicaments à temps 3 mois de file?

Ou un pop-up vous affichant automatique toutes les photos d’activités extérieures que vous prenez, précisément 365 jours plus tard? (Ah! J’étais en ski l’an passé; je devrais y retourner!).

Votre frigo intelligent qui, très bientôt, pourra vous féliciter de votre consommation de légumes verts.

Ou simplement, s’écrire un courriel d’encouragement à soi-même, à être envoyé dans le futur, au moment de notre choix, grâce à des applications bien simples comme FutureMe.

Des trucs bien banals à première vue, mais n’y aurait-il pas là un contrepoids bien nécessaire à nos sécréteurs de dopamine contemporains? 

Vive la dopamine, consommée avec modération!

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