Les 3 questions pour mieux connaître l’entrepreneur en vous (pharmacien ou pas!)

Il y a 5 mois aujourd’hui, je signais le document qui officialisait la vente de mes parts dans ma pharmacie. Cette expérience vécue sur plusieurs mois (dont j’ai parlé dans d’autres publications) fut parfois excitante et d’autres fois, angoissante.

Quand je repasse dans ma tête ces 7 années, plusieurs émotions surgissent. Majoritairement, je me sens fier et satisfait d’avoir entrepris ce projet à ce moment dans ma vie. Fier d’avoir accompli mon rêve. Fier d’être parvenu à conclure ce chapitre d’une façon qui me convenait, selon mes propres termes, au moment où je le souhaitais.

Néanmoins, je me retrouve occasionnellement à affronter des élans de culpabilité ou de remords. Je me sens alors coupable de ne plus être directement au service de ma communauté et d’avoir abandonné mes collègues. Je rumine des doutes quant au choix que j’ai fait de laisser aller l’entreprise pour laquelle j’ai fait beaucoup de sacrifices.

Qui plus est, mon nouvel emploi m’amène à côtoyer des pharmaciens propriétaires qui sont actuellement sur le terrain, en train de servir la population avec plus de vigueur et de résilience que jamais. Mon rôle est de les supporter dans ces efforts, mais ma contribution ne pèse pas lourd en comparaison des efforts acharnés de ces pharmaciennes et pharmaciens qui sont, aujourd’hui plus que jamais, un pilier du système de santé de première ligne.

L’envie me vient parfois de retourner relever le défi auquel ces entrepreneurs font face: celui de gérer une entreprise, rehausser le niveau de pratique de la pharmacie, et veiller sur la santé de leur communauté, celle de leurs employés et de la leur (ce qui est plus important que jamais).

Si j’avais à tout recommencer, aujourd’hui…

Est-ce que je ferai le saut un jour afin de redevenir pharmacien propriétaire? Je ne saurais le dire. Quoi qu’il en soi, le monde de la pharmacie est en pleine évolution, ce qui en fait aujourd’hui une profession fascinante et dynamique sous tous ses angles, que l’on soit au centre de la patinoire ou juste à côté. Mais il y a aussi des « douleurs de croissance », soit de multiples changements auxquels il faut s’adapter. Notamment, il faut repenser le modèle d’affaires. Et avec leurs nouvelles responsabilités, les pharmaciens doivent aussi aller jusqu’à repenser la façon de travailler dans chacun de leurs laboratoires.

Dans ce contexte, la décision de devenir pharmacien propriétaire ne doit pas se prendre à la légère. Au cours des dernières années, j’ai souvent lu des articles de revues dans lesquels on retrouvait des conseils variés pour les aspirants pharmaciens propriétaires. « Explorez les différentes bannières », « trouvez-vous une niche » ou « faites-vous un bon plan d’affaires » sont des phrases récurrentes dans ces articles.

Or, c’est en lisant le plus récent livre de Seth Godin (The Practice) que je crois avoir trouvé les 3 questions les plus importantes pour quiconque souhaitant démarrer une nouvelle entreprise.

Avec le recul de ma propre expérience, je peux affirmer que ces 3 questions sont tout aussi pertinentes – sinon encore plus – pour mes collègues qui souhaitent entreprendre le défi de l’entrepreneuriat en pharmacie.

1. Qui voulez-vous avoir comme clients?

Serez-vous dans un village ou un centre-ville? À côté d’un hôpital ou dans un centre commercial? Allez-vous être un « pharmacien de famille » comme le veut Uniprix, ou bien servir des médicaments de spécialité par la poste et en faire le suivi à distance? Au-delà de la stratégie d’affaires, cette question aura des implications majeures dès le premier jour de votre pratique, et influencera toutes les relations humaines qui caractériseront chacune de vos journées de travail. En pharmacie plus que dans bien d’autres types d’entreprises, ceci est un facteur primordial à considérer.

2. Qu’êtes-vous prêt à risquer?

Combien de temps, d’argent, de sacrifices et d’autres opportunités manquées êtes-vous prêts à accepter? Ceci déterminera non seulement vos chances de succès face au projet que vous entreprendrez, mais aussi le niveau de confort, de satisfaction et de bonheur que votre projet pourra vous apporter – ou à l’inverse, à quel niveau il vous en privera.

3. Quand et comment voulez-vous en sortir?

Quel est votre plan pour la fin? C’est une question facile à oublier, mais qui peut avoir une influence majeure sur le succès de votre projet dans son ensemble. Il faut se la poser avant votre premier jour à la pharmacie. Certains modèles d’affaires privilégient ceux qui souhaitent développer les affaires de leur pharmacie très intensément, à un rythme difficile à soutenir pour toute une carrière, puis passer au suivant… ou se trouver un associé pour continuer l’aventure. D’autres modèles d’affaires se prêtent mieux aux pharmaciens qui souhaitent opérer leur pharmacie sur le long terme, et qui recherchent donc un rythme de croisière plus soutenable pour le marathon devant eux.

Quel type êtes-vous? Bien qu’il soit possible de s’ajuster en cours de route, il est essentiel d’avoir cette réflexion aussitôt que possible. Il peut sembler prématuré et contre-intuitif, pour un jeune professionnel, de prévoir la fin d’un projet d’entreprise avant même qu’il ne débute. Mais comme le mentionne le livre Les 7 habitudes des gens qui réussissent tout ce qu’ils entreprennent, c’est une habitude qui peut vous guider vers le succès, en affaires comme dans la vie. Que souhaitez-vous, dans X années, tirer de ce projet?

Bien se connaître soi-même avant de se lancer en affaires

Les opportunités d’affaires nous sont parfois présentées rapidement. Plus souvent qu’autrement, la pression d’une décision rapide requise se fait sentir. Je crois que, sans une réponse claire à chacune de ces 3 questions, le risque de dire oui à un projet est trop grand (que ce soit une pharmacie ou pas).

Ceci dit, si une partie de vous souhaite un jour entreprendre, rien ne vous empêche de vous poser ces 3 questions dès maintenant! Selon Seneca, un philosophe romain, la chance est ce qui arrive quand la préparation coïncide avec l’opportunité. La préparation est sous notre contrôle, et en se posant ces 3 questions de façon franche et honnête, l’entrepreneur en vous pourra sauter sur la bonne opportunité lorsqu’elle se présentera!

On entend trop souvent qu’il faut se dépêcher, « bouger rapidement et briser des choses » comme chez Facebook ou « échouer rapidement et souvent ». Peut-être lorsqu’il est question de développer un produit, un service… Mais lorsqu’il est question de notre carrière, de notre vie, quelques moments de réflexion peuvent parfois éviter d’investir plusieurs années au mauvais endroit.


Cause when you give your timeYou givin’ a portion of your life that— That youll never get back

Time – Fabolous

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Une réflexion sur “Les 3 questions pour mieux connaître l’entrepreneur en vous (pharmacien ou pas!)

  1. Merci pour ce partage, je suis justement à la recherche d’opportunités depuis qqs années et je ne me suis pas posée toutes ces questions. Votre article est très intéressant, j’aurais aimé vous avoir comme coach et profiter de votre expérience.

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