Au risque de me tromper.

Ceux qui me connaissent personnellement n’apprendront rien: ce n’est pas dans ma nature de parler fort, d’exprimer vivement mes émotions ou d’être extroverti, en général. Bien que mon travail m’amène à être plus social et volubile auprès de la clientèle de ma pharmacie de quartier, c’est en retournant dans mes tâches plus solitaires que je me retrouve pleinement dans mon élément et que je recharge mes batteries.

Néanmoins, j’ai toujours senti le besoin de m’exprimer. Autrefois par la musique, maintenant par ce blogue. Dans les 2 cas, j’apprécie pouvoir contrôler le message que je veux transmettre et choisir quand et comment je lui donne vie. Qui plus est, mon côté introverti vient de pair avec une tendance à angoisser devant la trop grande interactivité et instantanéité des réseaux sociaux tels que Twitter et Facebook. Alors je me retrouve beaucoup mieux dans ce blogue, qui n’impose rien et ne promet rien à personne.

L’envers du silence

Même en étant tout discret dans son petit coin de l’internet, mon blogue me sert donc un service bien utile en m’ouvrant cette porte à la libre expression. Mais il me rappelle aussi une autre notion importante que j’ai lue dernièrement dans un livre plutôt intéressant intitulé Braving the Wilderness: le silence ne fait rien avancer.

Allons-même plus loin: la neutralité ne fait rien progresser. Pire, le silence et la neutralité sont souvent au bénéfice de ceux qui profitent du statu quo.

On peut toutefois se demander: le statu quo, est-ce que c’est une si mauvaise chose? Pas toujours. Mais dans un monde qui évolue aussi vite que les sciences de la santé et des technologies, le statu quo n’est certainement pas le scénario qui avantagera notre santé et notre qualité de vie.

Il nous revient donc à chacun…

Alors, au risque de me tromper parfois – et peut-être souvent – je me un fait devoir de confronter ma pratique de la pharmacie à ce qu’elle pourrait être si le statu quo n’était pas si lourdement ancré sous le poids des puissants lobbys et entreprises qui s’y accrochent. La distribution des médicaments, la rémunération des professionnels, l’assignation des actes professionnels, la place de l’intelligence artificielle et la robotisation, par exemple, sont autant de sujets qui font sourciller les grossistes, chaînes et bannières, ordres professionnels et gouvernement.

Même l’individu isolé que je suis, avec qu’une poignée de lecteurs à son actif, se demande parfois s’il devrait peser sur publier ou pas! Multiplié par des centaines et milliers, ce simple geste peut faire changer des choses, plus que jamais auparavant.

La résistance

Il y a toutefois une résistance à combattre. Le système de l’éducation duquel je suis issu n’a nullement comme objectif de m’inciter à avoir des idées et à les partager. Il a plutôt le mandat de m’apprendre à avoir la bonne réponse, celle du « corrigé », et de la dire calmement sans me tromper. Sinon, c’est la honte devant 30 autres élèves qui n’attendent qu’une bonne raison pour rire ou ridiculiser quelqu’un. Même ma fille d’âge préscolaire a le réflexe de s’abstenir si elle n’est pas 100% certaine d’une réponse… C’est donc fort probablement moi-même qui lui a inculqué cette habitude. Pour les intéressés, le coloré Seth Godin a fait une présentation très à propos!

Vous avez quelque chose que vous croyez intelligent à dire? N’hésitez pas éternellement, trouvez votre façon et partagez-le… même si personne ne l’écoute ou ne le lit… et même s’il y a un risque de se tromper!

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