Psychoactif

Qu’est-ce que ce mot évoque-t-il, lorsque vous le lisez?

Vous fait-il peur? Suscite-t-il votre intérêt?

Vous fait-il penser à la nature ou au « chimique »? À l’illégal? À l’explicite?

Vous sentez-vous concerné? Repoussé?

Avez-vous l’impression qu’il relève de l’adolescence, ou plutôt du 3e âge?

Beaucoup d’entre-vous auront probablement répondu oui à la plupart de ces questions.

Car les substances psychoactives concernent tout le monde. De celui qui boit un Pepsi à celui aux pris avec une dépendance aux opioïdes. De l’enfant de 5 ans prenant du Concerta à quiconque prenant un somnifère ou un anti-dépresseur. De celui qui se procure de la drogue illégalement à celui qui achète du cannabis, avec ou sans ordonnance. 

Ce sont des substances psychoactives bien connues qui nous activent le matin et nous relaxent le soir. Nul besoin d’insister sur l’omniprésence du café, thé ou de l’alcool, et ce à travers le monde.

Mais il est grand temps de faire preuve de plus d’ouverture d’esprit et de faire tomber les taboos qui concernent tout ce qui se passent entre le café du matin et le verre de vin du soir.

Les substances psychoactives se répandent à grande vitesse. Leur multiplication se fait majoritairement de façon discrète et anonyme. Ainsi, toute discussion concernant les « psychoactifs » est susceptible de soulever les passions et d’entrechoquer des croyances qui n’ont pas souvent l’occasion d’être librement ventilées et façonnées, en raison des craintes et préjugés qui les entourent.

Regardez autour de vous. Les chances sont que quelqu’un de votre entourage très proche prenne un somnifère, un antidépresseur, une drogue, un stimulant, ou s’occupe de quelqu’un qui en prend. Les risques des opioïdes, les troubles de dépendances, les ajustements de dosages, les effets secondaires: si vous avez déjà eu à faire à une de cette situation, vous comprenez très bien l’ampleur de l’empreinte que peut faire une molécule psychoactive sur une vie.

Leur empreinte devient toute aussi profonde sur notre société. Elles font couler de l’encre et parler les journalistes. Elles alimentent des procès et entretiennent des peurs. Elles sauvent des marriages puis en brisent. Elles soulagent des dépressions et en créent d’autres.

Elles sauvent des vies, puis en déchirent.

Et nous n’avons pas encore tout vu. Nous entrons dans une nouvelle ère où des substances comme le CBD, le MDMA, la psylocibine, le LSD pourraient passer de la liste des substances proscrites au compendium de votre médecin et de votre pharmacien. En fait, ce virage est déjà bien amorcé. Les règles sévères et l’étanchéité du système de santé rendent cette évolution plus lente que l’on pourrait le souhaiter. Toutefois, dans certains cas, la FDA – l’agence américaine chargée de légiférer sur les aliments et médicaments – a été particulièrement accommodante dans le cadre d’essai clinique pour le traitement certains types de troubles dépressifs et anxieux. Ce changement d’approche est une très bonne nouvelle pour ceux souffrant de dépendance, d’anxiété sévère ou de dépressif réfractaire: le jour viendra où une alternative de traitement vous sera possiblement offerte.

Fort à parier que les préjugés entourant ce mot – psychoactif – sont en majeure partie l’héritage que nous gardons de la mouvance politique s’opposant à la culture du « peace and love » des années 60. Les gens en pouvoir à ce moment, cédant à la peur de l’inconnu, ont tout fait pour tourner ce mot en synonyme de l’illégal, mais aussi de l’immoral et de l’explicite.

Si ce n’était pas du lourd passé de ce mot, nous serions collectivement bien mieux outillés pour faire face aux maux de notre siècle.

La vie d’aujourd’hui est l’oeuvre collective de plusieurs siècles de génie, de courage et d’ambition. Chaque génération redéfinie les notions de succès et de bonheur. La nature brute d’autrefois devient peu à peu façonnée par notre intelligence, nos souhaits, nos erreurs. Or, tout ce dur labeur n’a pas été fait avec le souci du bien être émotionnel de chacun. Il ne faut pas chercher plus loin pour trouver la raison de notre consommation grandissante de psychoactif.

Mais est-ce une mauvaise chose?

Je crois que cette question doit être analysée avec autant d’ouverture, d’intelligence et de sophistication que le plus important et complexe des problèmes ingénierie. Comme si c’était la construction d’un avion, d’un pont ou d’un immeuble et que des milliers, des millions de vies en dépendaient. Car c’est bien le cas.

La prochaine fois que vous entendrez ce mot, ne jugez pas. Écoutez. Informez-vous. Posez des questions. Et surtout, réfléchissez.

Notre génération a la chance inouïe d’avoir la science, la richesse et l’ouverture politique qui pourrait changer pour le mieux « l’expérience-client » de nos vies, ni plus ni moins.

Et si ce mot, vous ne l’entendez pas assez souvent, et bien dites-le vous même, et voyez ce qui se passe!

 

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