Archives d’auteur : Maxime B.-Roy

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À propos de Maxime B.-Roy

Pharmacien et passionné par la santé et les affaires! Je me plais à y trouver un fil conducteur!

Précieux petit bout de papier…

Parfois, elle est très attendue, désirée, anticipée.

D’autres fois, elle est redoutée, malaimée, contestée.

Parfois, elle est ignorée, cachée, négligée.

D’autres fois, elle est perdue, tachée de sang ou de café.

Et lorsqu’elle franchit la frontière du comptoir de la pharmacie, l’histoire se poursuit.

Parfois, elle est bienvenue et appréciée.

D’autres fois, elle sème la panique et la confusion.

Parfois, elle est illisible, effacée, incomplète.

D’autres fois, elle est hautement élaborée et détaillée.

Finalement, une fois entre les mains du pharmacien, elle se fera regardée d’un autre oeil.

Parfois elle sera jugée toute indiquée, adéquate, optimale.

D’autres fois, elle sera dite problématique, contre-indiquée, inappropriée.

Derrière chaque prescription, il y a une histoire. D’abord, c’est votre histoire.

Une nuit blanche à l’urgence. Une otite qui fait pleurer votre enfant. Votre pression qui vous rappelle que votre grand-père est décédé d’infarctus.

Votre ordonnance, c’est aussi le symbole de votre histoire qui vient croiser la mienne. C’est là que je deviens, pendant un instant, votre acolyte, et que je tente de faire une différence. Le médicament est en rupture de stock. Une interaction complique les choses. Il est 18 heures et c’est l’heure de pointe; ça sera un peu long… mais on y arrivera.

Je suis Robin, mais vous êtes Batman. © Batman and Robin 1966

Cette histoire se répète des millions de fois, chaque année, à travers tout le pays. Mais dans le système de santé complexe d’aujourd’hui, le temps serait-il venu de repenser ce précieux bout de papier?

Regardons quelques chiffres

…..

4 millions

Selon une étude, c’est le nombre de Canadiens qui perdent ou endommagent une prescription chaque année.

…..

30%

C’est le pourcentage de Canadiens, selon une autre étude, pour qui il est déjà arrivé de ne pas prendre complètement – ou de ne pas prendre du tout – un traitement prescrit par un médecin. Les données ventilées pour le Québec sont très similaires.

……

51%

C’est le pourcentage, parmi ceux-ci, pour qui la raison de cette inobservance était la crainte que le médicament ne marche pas ou bien le doute qu’il était vraiment nécessaire.

…..

15%

C’est le pourcentage, toujours parmi ceux-ci, pour qui la raison de ne pas remettre l’ordonnance était la crainte que le médicament empire la situation.

…..

Dans tout ces cas, l’histoire ne se finit pas aussi bien. Et le pharmacien n’a pas eu l’occasion de faire une différence.

Imaginons que je reçoive, en temps réel, votre ordonnance, dès que votre médecin la complète dans son DMÉ (dossier médical électronique). Je pourrais…

  • capter une allergie ou un interaction sur le champ et envoyer une notification à votre médecin;
  • préparer votre médicament plus rapidement et vous éviter l’attente en pharmacie;
  • constater, le cas échéant, que vous ne venez PAS chercher votre médicament, et adresser vos questions et/ou inquiétudes;
  • rechercher la meilleure alternative à votre traitement si celui-ci est en rupture de stock;
  • aviser votre médecin que votre traitement n’est pas couvert par votre régime d’assurance, avant qu’il ne quitte son bureau;
  • éviter de vous faire attendre pour une raison aussi banale qu’un chiffre ou une signature illisible;
  • sécuriser le processus de distribution des narcotiques (crise des opioïdes) et médicaments contrôlés en évitant complètement les ordonnances falsifiées;
  • analyser le besoin de vous suggérer ou prescrire un médicament complémentaire (antiacide, vitamine, laxatif);
  • et bien plus…

Je n’ai aucun doute que la santé de la population s’en verrait grandement améliorée… sans qu’aucune percée médicale ne soit nécessaire.

Les outils technologiques existent: le système PrescripTIon du gouvernement fédéral, le DSQ du gouvernement provincial, le gestionnaire de renouvellement de Telus pour n’en nommer que quelques uns. Voilà bien des initiatives, mais sur le terrain, aucune d’entre-elles ne peut se vanter d’avoir une réelle traction. C’est le statu quo: pads de prescriptions volés, signatures illisibles, ordonnances disparues ou ignorées, problèmes réglés sur le tasrush de 18 heures, etc…

Implanter la transmission électronique des ordonnances est un défi de taille. Mais dans une ère où même les garagistes osent poser leurs doigts huileux sur un clavier d’ordinateur pour me confirmer un rendez-vous ou détailler les « soins » requis pour la « santé » de mon véhicule, il est grand temps que nous nous y mettions.

Des patients nés en l’an 2000 – donc des adultes majeurs et vaccinés – nous consultent aujourd’hui et sont témoins du retard technologique majeur de notre système de santé. Je pense par exemple aux moments où je m’efforce à bien lire un échange de messages par fax entre le médecin et moi même… Que j’aimerais être 15 ans plus jeune, pour un instant, et me voir de l’extérieur! Vaut mieux en rire qu’en pleurer, non?

Un Docteur écrivant une prescription – vu par un patient de 18 ans. © Flinstones

Creuser jusqu’en Chine pour des pilules.

Je ne veux pas être alarmiste, ou inquiéter inutilement quiconque. Reste que la saga de la contamination du Valsartan, un médicament pour traiter l’hypertension artérielle (HTA), met la lumière sur un phénomène très préoccupant dans le domaine de la santé: la course vers le bas. C’est à dire, essayer de nous traiter tous, pour le moins cher possible.

Un rappel qui a fait jaser

Les médias se sont empressés de crier fort que les pilules pour la pression donnent le cancer. Je ne serais pas surpris que l’on réalise, au cours des prochains mois, que plusieurs personnes souffrant d’HTA ont cessé leurs médicaments, peu importe lequel! Vivement le ton alarmiste des médias! Ceci aura tout de même mis la table pour le sujet principal de cet article.

Pour ceux qui ne seraient pas au courant, le problème en question est le suivant. Cet été, la très grande majorité des lots du médicament générique appelé VALSARTAN a été rappelée suite à un contrôle de qualité qui a révélé la présence de NDMA. Cette substance était présente à la hauteur d’environ 60 PPM, au delà du seuil auquel elle est considérée cancérigène. Et non, ce n’est pas du MDMA (le nom chimique de l’Ecstasy), sinon j’ai l’impression que certains n’auraient pas été aussi rapides à les ramener à la pharmacie, au beau milieu des vacances!

Si jamais vos pilules de pression deviennent multicolores et arborent de drôles de logos, veuillez les ramener à la pharmacie SVP.

Un risque relativement faible

En septembre, quelques semaines après ce retrait, Santé Canada a précisé son estimation du risque de cancer lié à la prise du Valsartan contaminé. En bref, les patients hypertendus ayant pris 320mg par jour durant 3 ans ont un risque majoré d’environ 1 sur 10 000 de développer un cancer. Pour ceux qui ne prenaient que la plus petite dose de 40mg, le risque est plus proche de 1 sur 100 000. Ce n’est relativement pas trop inquiétant, et dans tous les cas, le risque de ne pas bien contrôler sa tension artérielle aurait été bien plus préoccupant. Ne cessez aucun médicament sans valider avec votre pharmacien ou médecin d’abord!

Dose de valsartan (mg/jour)
contenant 60 ppm de NDMA
Estimation des risques
40 1 cas supplémentaire pour 93 400 personnes
80 1 cas supplémentaire pour 46 700 personnes
160 1 cas supplémentaire pour 23 300 personnes
320 1 cas supplémentaire pour 11 600 personnes

Autrement dit, on l’a quand même échappé belle.

Mais que se cache-t-il derrière cette découverte? Combien y’a-t-il d’autres ingrédients contaminés qui entrent dans la fabrication de nos médicaments et qui ne seront détectés que dans 3 ans (ou peut-être plus si le Parti Conservateur ou le futur parti de Mad Max est élu en octobre 2019!)

Dans le cas du Valsartan, même si plusieurs versions du génériques étaient fabriquées et offertes aux pharmaciens, la matière première provenait du même endroit, l’usine de Zhejiang Huahai Pharmaceuticals, une usine située en Chine. Sous la pression financière grandissante exercée entre autres par les limites de prix fixés par le gouvernement, les fabricants de médicaments cherchent tous les moyens de maintenir leur rentabilité. Ceci les mènent eux-mêmes à exercer une pression sur les fournisseurs de matières premières. Une course vers le bas qui nous mène… chez Dollorama. Oups, en Chine je veux dire. On pourrait même dire, chez Dollopharma, comme Bertrand Bolduc, président de l’OPQ, nous l’annonçait il y a quelques années.

Alors, comme je me l’imaginais étant plus jeune, lorsque l’on creuse sans fin, c’est bel et bien en Chine que l’on aboutit!

Allons-y tous ensemble. © https://9gag.com/

Je n’ai rien contre la Chine, en général. Or, nous savons tous que, via leurs politiques, stratégies commerciales et la manipulation de leur monnaie, la Chine, comme d’autres pays assoiffés de croissance économique, s’assure de s’accaparer tout le travail que les autres ne parviennent plus à accomplir sous la pression économique de la course vers le bas. Même si ça passe par des conditions de travail déplorables.

Peut-on douter du résultat qui sort de la machine chinoise?

Pas la faute des génériques

Le réflexe de bien des gens devant une telle situation sera de pointer du doigt les compagnies génériques. Bien sûr, il vaudrait mieux que celles-ci redoublent de vigilance lorsqu’ils choisissent leurs fournisseurs ou délèguent du travail. Mais elles ne font que réagir normalement sous la pression qui leur est imposée. Si vous avez un fonds de pension, vous avez surement des actions d’une pharmaceutique, indirectement. Et vous avez envie du rendement de 5% que vous avez vu dans le prospectus remis par votre conseiller. Si c’est le cas, vous êtes en partie coupable. Autant que le PDG de Novartis qui, après tout, travaille fort (et est très – trop? – bien payé) pour vous avoir ce beau rendement.

Et les compagnies dites « novatrices »? Elles ne sont pas très bien placées pour critiquer les génériques. En effet, lorsque les médicaments ne sont plus rentables, elle ne font que quitter le marché, en laissant parfois des patients sans options adéquates pour leur traitement. Et l’ironie du sort, dans le cas qui nous concerne; la firme générique SANDOZ qui a du rappeler presque tout son Valsartan, est détenue par la firme novatrice NOVARTIS.

On a bien souvent voulu me convaincre, à demi-mot, que ceci constituant un gage de « qualité supérieure » des médicaments génériques produits par Sandoz…

Pour en revenir au Québec

Si vous roulez sur nos autoroutes de temps en temps, vous constatez régulièrement les résultats des appels d’offres, des pressions financières, de la course vers le bas. Bien sûr, le budget est limité. Mais pourrait-on avoir une vision plus globale du système de santé?

Si quelques dollars ont été sauvés en achetant du Valsartan chinois, ils sont déjà perdus, ça ne fait aucun doute.

  • Perte de temps des professionnels à clarifier la situation auprès des patients.
  • Angoisse, stress chez les patients.
  • Inobservance qui mènera à des complications, des abandons de traitement, de la perte de confiance envers le système.
  • Consultations médicales supplémentaires, car il faudra ajuster la dose de tous ceux qui ont dû changer de médicament.
  • Et les coûts de soigner le ou les québécois qui seront possiblement affligés d’un cancer dû au NDMA!

Perte de temps pour le pharmacien

Je n’ai pas mis ce point dans la liste, parce que tous les pharmaciens ont dû gérer cette crise sans rémunération. Évaluer la situation, juger de la meilleure option, prescrire un nouveau médicament, et assumer la responsabilité de celui-ci, du moins jusqu’au prochain rendez-vous médical. Sans être payé, et sans avoir le droit de charger. La prochaine entente des pharmaciens prévoit une rémunération pour cet acte, au moins. Mais attention, c’est le patient, via son régime d’assurance et une coassurance, qui devra payer pour cet acte! Donc si votre pilule chinoise pas chère est retirée, il faudra payer pour la faire remplacer! Un bon deal, Dr Barrette!

J’ai un bon deal pour vous: allez donc regarder des radiographies pour 500 000$ par année, essayer de trouver les quelques cancers causés par le NDMA.

Il ne faut pas rêver, le système de santé est et restera un puits dont le fond est très, très creux. Je m’attend cependant à une vision plus créative et globale du système de la santé de la part de nos politiciens. Déléguer plus d’actes aux autres professionnels. Repenser la façon dont le formulaire de médicament est conçu. Investir dans la santé préventive, quitte à trouver des mesures incitatives pour les gens.

Et surtout, j’ai envie d’entendre parler de ça d’ici le 1er octobre 2018, car au moins le 3/4 de mon vote en dépend! Car si je m’en fie aux candidats, on est en train de tasser les médecins spécialistes pour des fonctionnaires. Est-ce le meilleur choix?

Je n’ai rien inventé, mais j’ai quelque chose à dire.

Parfois, en écrivant ce blog, je deviens victime du fameux syndrome de l’imposteur. Qui suis-je exactement pour parler de sujets aussi variés, et prétendre savoir ce dont je parle? Devrais-je m’en tenir seulement à la pharmacie et aux médicaments?

L’aspect « académique » de mon CV est assez simple: j’ai un baccalauréat en pharmacie et une dizaine d’années d’expérience et de formations continues centrées sur la pratique de la pharmacie d’officine. Je n’ai pas de Ph.D. Je n’ai pas de spécialité, de recherches publiées, ni de prix ou distinctions particulières.

De plus, j’ai parfois l’impression que je frôle la limite entre ma libre expression et la pratique illégale de la psychologie.

Et pire encore, chaque fois que ma curiosité me mène à approfondir mes connaissances sur un certain sujet, je m’incline d’humilité devant les connaissances, la persévérance et le dévouement de certains spécialistes et chercheurs qui repoussent sans cesse les limites de leurs domaines respectifs. Qu’ils soient chercheurs en oncologie, psychologie, astrophysique ou biochimie, ils sont les détenteurs et les créateurs de connaissances ultimes.

Qui suis-je à côté de ces experts, ces passionnés, ces sommités? Je les admire, et je les envie presque. Non pas pour la reconnaissance et les distinctions qu’ils méritent amplement, mais plutôt pour le luxe qu’ils ont de pouvoir dédier autant de leur temps sur un sujet qui les passionne. Tant mieux pour eux! (et pour vous peut-être!)

Ma carrière m’a mené vers une branche de pratique, celle de la pharmacie, qui est plus « généraliste ». Je ne serai jamais expert de la cardiologie ou de l’oncologie. Mais je suis capable de référer un patient chez qui je craint un ICT, lire des états financiers, conduire une entrevue, recommander un produit naturel, créer un site web, monter une affiche publicitaire, évaluer un stagiaire, négocier une entente avec un fournisseur etc…

Par la force des choses, je suis devenu ce généraliste. Et parce que j’aime savoir ce que je fais et ce dont je parle, je suis devenu un insatiable curieux. Je suis obsédé à découvrir tout ce qui touche de près ou de loin au monde de la pharmacie, des affaires et du bien-être dont je fait partie.

Même s’il n’est pas si impressionnant sur un CV, je crois que ce parcours que je poursuis me mène sur une voie qui est bien adaptée au 21e siècle: celle d’être un bon trieur. Mes tâches et obligations variées m’ont obligé à bien identifier ce qui mérite d’être appris, quand et comment l’apprendre, et à qui le transmettre. Car au 21 siècle, ce n’est dorénavant plus la quantité de connaissances que vous êtes en mesure d’accumuler qui compte le plus. C’est plutôt de trouver l’information de qualité, au bon moment et de bien la transmettre.

Le travail de pharmacien en est un bon exemple. Vous ne voulez certainement pas d’un pharmacien qui vous énumérera 100% des mises en gardes, effets secondaires et données importantes concernant vos médicaments. Même si c’était possible pour vous et lui de tout mémoriser, vous serez probablement étourdi et apeuré. Vous voulez plutôt un pharmacien qui va trier judicieusement l’information et vous transmettre efficacement les quelques éléments importants, sans plus. Même chose si vous magasinez du vin, un appareil photo ou des assurances.

L’intégralité de tout ce qui peut se savoir vous est accessible en quelques secondes, merci à tout ceux qui ont fait grandir les connaissances de l’humanité. Le travail difficile est maintenant de trier à travers toute cette information pour bien servir chaque individu.

Joe Rogan, via son podcast, est un trieur… parfois un peu controversé!

Même si nous vivons dans une ère ou toute la connaissance est disponible partout, n’importe quand et à n’importe qui, nous nous retrouvons plus souvent qu’autrement ensevelis et perdus à travers ces piles de courriels, revues, notifications, formations, cartables, etc… Quoi lire? À quoi s’intéresser? Qui croire? Que prioriser? Que faire face à des données en apparence contradictoires? (Pauvre noix de coco qui est la plus récente victime de cette réalité..)

Alors, j’ai tout autant d’admiration envers les scientifiques et les spécialistes qu’envers les trieurs, ces individus qui se dédient à démêler toute l’information, bonne et moins bonne, qui nous bombarde chaque jour, afin d’en extraire les plus belles perles. Ces gens nous permettent de lire, écouter, voir, apprendre et acheter ce qui compte vraiment… à condition de distinguer les trieurs fiables de ceux et celles qui ne souhaitent que profitez de vous via leurs recommandations.

Il faut de tout pour faire un monde. Je ne serai jamais un spécialiste, du moins pas dans l’horizon qui se dresse devant moi pour l’instant. Mais il y a forcément au moins une personne, quelque part, qui partage certains de mes centres d’intérêts. Alors si je parviens, via ce blogue, à susciter une réflexion chez un lecteur, ou que je lui permet d’apprendre quelque chose de pertinent, j’aurai la fierté de contribuer à la lutte contre le cancer; non pas le cancer qui affecte le corps humain, mais celui qui nous ensevelie à tous les jours sous une surabondance d’information qui s’auto-nourrit et qui nous aura à l’usure, si on ne se défend pas.

Merci de me lire, même si je ne suis pas spécialiste! Et si vous êtes un trieur à votre façon, ne vous gênez surtout pas. Journaliste, vendeur, blogueur, conseiller, peu importe.. nous avons besoin de vous!

Créativité: pourquoi c’est la lune qui m’inspire

Au cours d’une de mes journées typiques, j’ai toute une cédule à respecter. Ca débute par un entraînement, le déjeuner et je quitte pour le travail. Au retour c’est le souper en famille, la routine avec les enfants, un peu de travail encore et, après ce qui semble avoir été un court instant, il est déjà 23h00.

À travers ces journées très régimentées, je m’efforce de créer un peu d’espace pour de la créativité: écriture et musique, surtout. Mais dans un monde qui va aussi vite que le notre, on s’impose que nos périodes de créativité soient elles aussi productives et efficaces… ce qui n’est pas toujours facile.

J’ai récemment écouté le documentaire “The Defiant One” dans lequel un dirigeant de l’industrie musicale Jimmy Iovine*, en parlant du légendaire producteur Dr. Dre*, explique que le temps n’est jamais un facteur durant ses périodes de création.  (*C’est le duo derrière de nombreux phénomènes comme Eminem et Beats by Dre).

Rares sont ceux qui ont ce luxe du temps! La créativité, pour une majorité d’entre nous, est plutôt quelque chose qui doit s’accomplir dans un délai précis. Nous devons la mettre à l’agenda et parfois même la mesurer et l’évaluer. Sans oublier que pour être satisfaisant, le résultat de cette période de créativité doit être aussi proche de la perfection que possible, surtout si elle fait partie de votre emploi.

Par exemple, pour un designer, un design original doit être produit entre 9h et 17h. Pour un auteur, un texte impeccable doit être rédigé d’ici à la date de tombée. Pour un gestionnaire, une présentation inspirante et exemplaire doit être préparée à temps pour la rencontre. Pour les artistes purs laines, les attentes sont toutes aussi élevées: une chanson sensationnelle, une photo lumineuse, une toile captivante.

Ainsi, de nos jours, le résultat d’un processus créatif se doit d’être immédiat et rayonnant. Sous le poids de ces attentes, le créateur doit être efficace et transformer chaque seconde, chaque parcelle d’énergie en pure réussite individuelle. Un peu comme… seul le soleil sait le faire! C’est beaucoup demandé, n’est-ce pas?

Je dirais même, trop. Chaque artiste est, tôt ou tard, confronté au syndrome de la page blanche, ou à son équivalent. Peu importe le domaine, ou s’il est amateur ou professionnel. Si je me fie à mes expériences, ce syndrome est plus souvent qu’autrement la conséquence de toute cette pression que l’on s’impose face à notre devoir de création. Ceci porte le créateur à s’isoler du reste de son environnement et à ne chercher qu’en soi toute l’inspiration possible.

Et oui, j’ai moi-même la prétention d’avoir un petit côté artiste. Parfois dans mon studio de musique, et autrefois à écrire ces articles ou mijoter des plans en affaires. Et dans ces moments, c’est la lune qui m’inspire. C’est elle qui me rappelle que le processus de créer ne doit pas nous mener à l’isolement, au confinement et à l’égocentrisme. Plutôt, il doit nous mener à redoubler d’humilité et de sensibilité envers ce et ceux qui nous entourent.

Pour créer, il doit d’abord y avoir un constat que l’on invente rien, en réalité. On ne fait que mettre la lumière sur quelque chose que l’univers a créé. Toutes les pensées ont déjà été pensées (comme le dit le controversé Jordan Peterson); un philosophe ne fait que les organiser. Toutes les mélodies existent déjà; un musicien ne fait que les capturer (comme le raconte superbement Victor L. Wooten). Tous les mots existent déjà; un auteur ne fait que les aligner judicieusement. Toutes les couleurs existent déjà; un peintre ne fait que les mélanger. Même en affaires: tout le talent est déjà présent dans un employé; un gestionnaire en fait que le libérer.

Les plus grands créateurs se font un devoir de puiser de l’inspiration où bon leur semble.

Le producteur musical Dr Dre a échantillonné pour plusieurs de ses hits.

Le peintre Paul Cézanne (gauche) a été une grande inspiration pour Pablo Picasso (droite).

Alors c’est en regardant la lune que je vois briller une véritable inspiration. Pourquoi? La lune semble briller, mais en réalité, elle a appris à refléter la lumière du soleil. Elle accepte que, parfois, elle ne brillera pas autant qu’elle le souhaiterait. Elle ne craint pas ses imperfections. Quoi qu’il arrive, elle s’affiche sans complexe ni retenue, soir après soir. Elle touchera les gens, d’une façon ou d’une autre, et c’est ce qui compte.

Et si les astres s’alignent, un jour et pour un instant, elle prendra le premier plan et aura son moment de gloire. Et à ce moment, c’est son vrai visage qui apparaîtra.

Sans forcer les choses; un jour tout créateur s’impose et se fait comprendre.

Quand je cherche à être créatif, je m’inspire de la lune, pas du soleil.

Le secret des GUMMIES!

Quels sont les meilleurs bonbons pour la santé? Je me fais poser bien des questions à la pharmacie, mais heureusement pas celle-là! Ou peut-être devrais-je dire malheureusement, car j’ai une réponse toute prête que j’aimerais bien partager plus souvent!

Je ne suis pas un gros fan de bonbons en général. Mais si on me posait cette question, je choisirais assurément les gummies… idéalement faits maison!

Vous vous doutez que mon opinion ne relève pas du goût, mais plutôt des propriétés particulières de la gélatine qui s’y trouve.

Qu’est ce que la gélatine?

Au point de vue santé, l’intérêt de la gélatine réside dans le collagène qu’il contient. Le collagène est la protéine la plus importante de notre tissu conjonctif, de notre peau et de nos os. En fait, c’est la plus abondante de notre corps. On peut donc penser qu’un manque de collagène puisse favoriser des problèmes touchant différents organes, allant des rides aux douleurs articulaires.

Ne jetez surtout pas cette précieuse substance!

 

La façon la plus traditionnelle de faire le plein de collagène, c’est en consommant de la gélatine. Or, la gélatine se retrouve généralement dans ou autour des pièces de viande que nous négligeons, comme les os, les cartilages, les tendons et la peau. Pensez aux petits bouts gélatineux qui vous passent entre les doigts lorsque vous défaites un poulet entier. Le terme est tout juste! Ces petits bouts négligés sont en effet de bonnes sources de gélatine, mais ils iront vraisemblablement directement à la poubelle.

 

Sans doute, nos ancêtres auraient grugé les bouts d’os plus longuement que nous le faisons aujourd’hui, car ils savaient instinctivement que cette substance leur était bénéfique. Évidemment, à cette époque pré-pharmaceutique, s’acheter une bouteille de Genacol n’était pas une option, alors c’était ça… ou avoir mal aux genoux!

 

Pourquoi ce dédain des petits bouts et de la gélatine brune?

Il est tout indiqué de réévaluer notre perception des pièces de viande que nous choisissons. De toute la variété de pièces de viandes existantes, pourquoi se limiter à une poitrine de poulet blanche et sèche qui doit être nappée de sauce pour donner l’impression de goûter quelque chose? Sans compter que le poulet en question a probablement vécu sa courte vie entassé aux côtés de 10 000 autres bêtes, incapable de bouger ou de voir la lumière du jour.  Il ne faut pas s’attendre à ce qu’une bête élevée ainsi nous transmette des nutriments exceptionnels… surtout si on se limite aux quelques coupes de poitrines et de cuisses en rabais à l’épicerie.

Les producteurs de porcs veulent que vous cuisiniez du museau à la queue!

En achetant une plus grande variété de coupes et idéalement en choisissant des viandes élevées de façon plus respectueuse, vous consommerez automatiquement une plus grande variété de protéine et une plus grande quantité de collagène.

 

Il y a fort à parier que vous n’aurez pas toujours le temps de ronger vos os ou de cuisiner du cœur de bœuf, riche en collagène. Peut-on consommer plus de collagène sans passer pour un homme des cavernes? La réponse est OUI, grâce à un célèbre inventeur dénommé… Ricardo!

 

Le Croc-Pot à la rescousse

Les viandes mijotées, c’est si bon. Ces plats classiques ont assurément aidé nos arrières-grands parents à maintenir des articulations en santé… et à marcher 5 milles pour aller à l’école! En mijotant un plat à température moyennement élevée, les molécules d’eau deviennent des petites scies qui coupent et séparent les morceaux de protéines, ce qui permet d’attendrir même les tissus les plus coriaces.

 

C’est par ce même processus que la gélatine est libérée des cartilages, tendons, ligaments et de la peau qui baignent dans votre Croc-Pot. Le collagène contenu dans cette gélatine a un effet bénéfique sur le profil d’acides aminés de votre plat. La glycine devient plus abondante alors que la méthionine, la cystéine et l’histidine deviennent relativement moins présentes.

 

Méthionine vs Glycine: duel entre 2 acides aminés

Le ratio entre ces deux acides aminés est particulièrement intéressant. En effet, des études animales suggèrent qu’un ratio équilibré entre la glycine et la méthionine aurait un effet bénéfique sur la longévité. La restriction en méthionine (autrement dit, réduire la viande “de muscle’) ou l’apport d’un supplément en glycine (par exemple, en augmentant la gélatine dans son alimentation) permettrait de réduire la toxicité d’une surabondance de méthionine.

 

Le mécanisme complet derrière ce phénomène n’est pas complètement élucidé, mais des hypothèses ont été formulées. D’abord, il faut comprendre que la restriction calorique est maintenant clairement vue comme étant bénéfique pour réduire les effets du vieillissementLes centenaires d’Okinawa qui mangent lentement et qui s’arrêtent juste avant la satiété en sont des exemples vivants, tout comme la recherche du renommé Professeur Valter Luongo dont le livre « Le régime de la longévité” vient d’être traduit en français.

Pour faire le plein de gélatine et pour une bonne dose de UMAMI!

1) Réduire la méthionine?

Il est très difficile de pratiquer cette restriction calorique au quotidien, considérant l’abondance alimentaire qui nous entoure. La réduction de la méthionine pourrait mimer cette restriction calorique. La méthionine est le bloc de départ de toutes les protéines. Donc, en limitant l’apport en celle-ci, il est possible que toute la synthèse de nos protéines soient ralentie, en quelque sorte. C’est un peu comme simuler une légère restriction calorique, ou du moins un restriction protéinique.

La méthionine est le point de départ de toute protéine.

En présence de moins de méthionine, la concentration circulante de l’hormone de croissance nommée IGF-1 est réduite, ce qui constitue un signal fort pour ralentir “l’usine à protéines”. Pour un culturiste, ce n’est pas une bonne nouvelle. Mais pour la plupart d’entre nous qui sommes plus à risque d’être atteint d’un cancer que de perdre le concours Mr. Univers, il est probablement souhaitable d’avoir une telle rationalisation de nos processus d’anabolisme et de catabolisme. Après tout, ce sont les mutations qui mènent aux cancers, et une “usine à protéine” qui fonctionne trop rapidement, sans un contrôle de qualité adéquat (l’apoptose), risque d’en produire plus.

 

Donc, c’est une bonne idée de contrôler sa consommation de viande, surtout de viande de « muscle »!

 

2) Pas assez de glycine?

La glycine, quant à elle, agit entre autre comme le véhicule qui permet au foie d’éliminer l’excès de méthionine. Donc, même sans réduire activement sa consommation de viande et sans amener de changements importants à vos habitudes alimentaires, il est possible d’améliorer ce ratio en augmentant l’apport en glycine, soit en mijotant vos viandes (incluez autant que possible les petits morceaux de tendons ou d’os adjacents; pas besoin de les manger pour qu’ils libèrent la gélatine dans votre bouillon) ou en optant pour un supplément de gélatine, chose que je fais quotidiennement.

 

Mon choix de supplément.

 

 

 Il est possible de se procurer de la gélatine de très haute qualité à coût raisonnable. Pour ma part, je choisi la gélatine de boeuf Great Lakes qui provient d’animaux nourris aux grains et élevés en pâturage, ce qui réduit énormément le risque de contamination par des hormones de croissance, des antibiotiques ou des stéroïdes.

 

Vivre vieux et sans trop de craquements… mais quoi d’autre?

Au-delà des effets bénéfiques probables discutés jusqu’ici sur les articulations et la longévité, la gélatine est utilisée à tellement de fins qu’il est difficile de toutes les énumérer. En voici quelques unes:
  • Douleurs articulaires
  • Santé de la peau
  • Meilleur sommeil et concentration
  • Ostéoporose
  • Cheveux et ongles
  • Arthrite rhumatoïde
  • Promouvoir la récupération après un effort
  • Augmenter l’apport en protéine
  • Augmenter les performances athlétiques
Comme c’est souvent le cas pour les suppléments qui ne peuvent pas être brevetés ou commercialisés par l’industrie pharmaceutique, les données manquent afin de supporter tous ces usages variés. Mais la gélatine est reconnue comme sécuritaire et le collagène qui en est issu est la protéine la plus abondante du corps, et en particulier de notre tissu conjonctif, qui est soumis à rude épreuve quotidiennement. Alors, si vous doutez que votre consommation ne soit pas optimale, il est raisonnable de tenter un supplément.

 

Gélatine ou collagène?

La gélatine et le collagène ont le même profil d’acides aminés et sont pratiquement interchangeables. L’hydrolysât de collagène est simplement une gélatine qui a été modifiée afin que les acides aminés soient scindés en plus petites pièces. La différence, c’est l’usage que l’on peut en faire dans la cuisine. La gélatine se dissout dans l’eau chaude mais donne une consistance de type jell-o dans l’eau froide, alors que le collagène si dissout aisément dans tous les liquides. Donc, pour ajouter aux shakes ou à d’autres recettes, l’hydrolysât de collagène est un choix tout indiqué. Mais pour faire des gummies ou du jell-o, il vous faut de la gélatine!

 

Le collagène est un peu plus cher, mais parfois plus pratique.

Comment incorporer ces changements à votre alimentation?

  • Mijoter des pièces de viandes variées et entières dans un Croc-Pot;
  • Concocter un bouillon traditionnel en mijotant longuement des os;
    • Pas le temps? Acheter du collagène et l’ajouter à vos bouillons achetés à l’épicerie!
  • Ajouter du collagène à vos shakes et autres recettes;
  • Ajouter de la gélatine à des bouillons achetés en boîte à l’épicerie;
  • Faire du jell-o maison;

  • Et bien sûr… faire des gummies!

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Et si votre quotidien ne permet aucune de ces options, et bien, il y a toujours la possibilité de se procurer des capsules de collagène… toujours disponibles en pharmacie!

 

Permettez-vous donc un dessert gélatineux ce soir… vos articulations pourraient bien vous remercier!

 

Comment préparer nos enfants à l’avenir?

Au milieu des années 1990, ma famille s’est procuré un ordinateur COMPAQ PRESARIO PC. C’était un Pentium 90 Mhz, le descendant direct des légendaires i486. Du moment ou j’ai ouvert la boîte, j’en savais déjà plus que mes parents. Les connaissances et habiletés que j’ai développées avec le temps ont probablement changé le cours de mon existence. Sans une telle machine technologique dans mon domicile, je ne me serais pas aventuré dans la production de musique. Je n’aurais pas exploré toutes les facettes de l’informatique.

Que de joie à ouvrir le casier de mon PC pour changer les pièces et « overclocker » le processeur…

À configurer des réseaux pour jouer à Warcraft ou Duke Nukem… (désolé pour les appels manqués à cause de mon modem 56kbits)

À créer à l’ancienne des site web rudimentaires (html dans bloc-note)

À explorer la production de musique électronique…

Compaq Presario avec processur Pentium 90 MHZ

Duke Nukem 3D. Pour l’installer il fallait environ 30 minutes et 9 disquettes. Et pour jouer en réseau, il fallait une connection modem à modem qui monopolisait le téléphone.

 

Moi et mon ordi

Sans un contact précoce avec un ordinateur personnel et l’internet, je n’aurais pas autant appris à apprendre par moi-même. Je ne serais pas devenu aussi autonome dans mon apprentissage, et je n’aurais pas forcément la même facilité à me renseigner et m’instruire sur les sujets qui m’interpellent. (Il y a peut-être des effets pervers à avoir accès à toute l’information du monde en tout temps, mais c’est un autre débat).

Car à cette époque là, toutes les connaissances sont soudainement devenues disponibles pour quiconque avait la curiosité, les habiletés et la patience nécessaires pour y accéder. Personne n’avait vécu une telle révolution auparavant et, comme les autres de ma génération, j’ai dû apprendre les règles du jeu par moi-même.

Or dans les 5 à 10 années qui allaient suivre, ce jeu technologique qu’était l’informatique et l’internet des années 90 a pris une toute autre importance. On sait que le cerveau d’adolescent continue de se développer et n’atteint sa pleine maturité que vers l’âge de 25 ans. Donc, à un âge où mon cerveau était encore de la pâte à modeler, l’ordinateur et l’internet auxquels j’ai eu accès ont eu l’effet d’un moule bien spécial et m’ont ouvert à des horizons beaucoup plus vastes que ce que les générations précédentes avait connu.

Qu’en penseraient nos ancêtres?

Bien sûr, les générations précédentes ont connu d’autres types de révolutions: l’invention de l’imprimerie, la révolution industrielle, la révolution tranquille etc… Il ne faut pas minimiser l’importance de ces périodes historiques. Mais à mon avis, aucune d’entre elles n’a eu un impact si soudain et marqué sur le développement individuel de ses contemporains.

Que penserait Gutenberg, inventeur de l’imprimerie, de l’internet d’aujourd’hui?

Au final, l’accès privilégié que j’ai eu à la technologie et à l’explosion des connaissances a fait de moi, et de plusieurs autres de ma génération, un adulte plus curieux, plus ouvert d’esprit et plus conscient du contrôle et du pouvoir que nous avons sur notre propre destin.

Depuis, les années passent…

Maintenant que je suis père de 2 enfants d’âge pré-scolaire, je pense à ce qui les attend. Comment les innovations et les bouleversements d’aujourd’hui influenceront leur développement et leur avenir? Nous avons tous été profondément marqués par les changements de notre génération. Il en sera de même pour nos enfants. Et selon la loi de Moore, le phénomène pourrait même se faire sentir de façon exponentielle!

À quoi seront confrontés nos enfants?

L’instantanéité extrême. L’omniprésence de l’image et du vidéo, parfois en temps réel. Une identité plus digitale que jamais. Des modes de communication plus virtuels, saccadés et extra-temporels que jamais via texto, snapchat, email… Un appel téléphonique est en train de devenir « old-school »!

Le papa en moi se demande quel sera l’impact de cette nouvelle réalité – que je ne saisi même pas entièrement – sur le développement de mes enfants. Que puis-je leur conseiller ou leur offrir pour qu’ils puissent prospérer dans cette nouvelle ère sans tomber dans les excès et les dépendances auxquels ils seront exposés?

En m’achetant un ordinateur à Pentium 90Mhz à 4000$ (surement 10 000$ en argent d’aujourd’hui), mes parents ont fait le choix de se lancer dans cet univers encore inconnu et mystérieux à l’époque, d’investir temps et argent, et de sortir de leur zone de confort. En tant que parent, j’ai le devoir et la responsabilité de faire de même.

Pour réussir, nos enfants devront s’équiper d’une boîte à outils bien différente de celle de ma génération ou des précédentes.

Avoir une identité en ligne

Pourquoi ne pas offrir à votre enfant son nom de domaine, s’il est disponible? Aller sur Godaddy et achetez SON-NOM-COMPLET.com pour lui donner le jour de ses 16 ans? Ça deviendra certainement utile un jour! En fait, ça le sera probablement plus qu’un cours de conduite, si ça existe encore!

Papa, qu’est-ce que ça veut dire « conduire »?

Entretenir une vie en ligne… et trouver l’équilibre

Pas nécessairement une vie « personnelle », mais pour « exister » dans la société du futur, il faudra parler et faire parler de soi en ligne. Car le silence numérique deviendra l’équivalent de ne pas sortir de chez soi. Pour certains ça sera un choix et ça se comprend très bien, mais il faudra être conscient de ce que ça implique.

Développer du contenu unique.

La valeur de tout travail pouvant être accompli par une machine et par l’intelligence artificielle perdra pratiquement toute sa valeur. Et pour le travail plus « générique », la compétition internationale permise par le web viendra en réduire considérablement la valeur. En fait, tout ça est déjà en train de se produire. Qu’est-ce qui aura de la valeur? Le contenu unique et original. Du texte, de la musique, un logiciel, des vidéos, des services rendus avec inspiration et authenticité.

Se définir sur le nouveau marché du travail

Y’aura-t-il vraiment des CV dans la société du futur? J’en doute fort. Le profil LinkedIn aura probablement pris le

dessus sur toute forme de papier à ce moment. Ce que les employeurs voudront voir ce n’est pas « École X, Emploi Y, et j’aime bien le cinéma et prendre des marches ». Ils rechercheront plutôt un amalgame complet et varié d’accomplissements répartis sur les différentes plate-formes du futur.

Et tout ça en présumant que le concept « d’emploi » existera toujours. Avec la numérisation du travail et l’intelligence artificielle, cette notion même d’un lien contractuel fixe, stable et permanent est elle-même en voie d’extinction.  Les emplois qui ne peuvent pas être remplacés par une machine ou un freelancer à l’étranger seront de plus en plus rares…

En voie de disparition

Une image vaut mille mots!

C’est le pari que Facebook a fait en achetant Instagram. Ce n’est pas un virage qui m’interpelle énormément… mais je ne fait probablement pas partie de la génération payante, de toute façon. Or, ce mouvement ne s’arrêtera pas, et pour participer à la vie sociale, professionnelle et communautaire du futur, il y a fort à parier qu’il ne faudra pas juste publier du contenu écrit, mais aussi des images. Car tout ira trop vite pour s’arrêter à l-i-r-e d-e-s m-o-t-s. (D’ailleurs, bravo et merci à tous ceux qui ont tout lu jusque ici! Je suis moi-même coupable de « scanner » bien des articles plutôt que de les lire.)

Maîtriser un langage informatique.

Nous vivons au beau milieu de l’époque des startups, de la Sillicon Valley, des entreprises Unicorn et du déploiement d’infrastructures informatiques révolutionnaires telles que Uber, Airbnb et Amazon.

On doit y voir 2 choses. D’abord, ces plate-formes sont là pour rester. Elles seront améliorées et peut-être délogées par d’autres joueurs, mais la voie est tracée. Ainsi, la baisse de la demande pour du développement informatique pur fera en sorte que le « codage » ne restera pas éternellement une habileté qui ouvre la porte à des emplois glamours chez Google, Facebook et les autres.

Le codage.. pas juste pour les GEEKs.

Par contre, ce nouveau paysage informatique dans lequel la vie se passera nécessitera de pouvoir penser comme un geek. L’époque du travail à la chaîne est déjà révolue – du moins en ce qui concerne les humais. Prospérer sur le marché du travail du futur nécessitera d’être capable d’identifier, de décrire et de résoudre des problèmes, comme le répète souvent l’auteur et blogueur Seth Godin. Les langages informatiques comme le PHP, de par leur structure, incorpore une syntaxe et une logique qui encouragent ceux qui y sont introduits à user de leur esprit de façon très analytique. Alors, même si l’époque des marathons de codage intense est dépassée et même pour ceux et celles qui ne se destinent pas à une carrière informatique, je fais le pari que des notions de bases en la matière procurera un avantage considérable pour faire face aux emplois du futur.

Ce livre est généralement offert à seulement 2$! C’est un indispensable.

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Concilier le présent et l’avenir

Comment affronter notre propre quotidien, tout en s’assurant de créer pour nos enfants un environnement favorable au développement de ces habiletés du futur? Nul n’a la réponse. Et comme le futur lui-même est imprévisible, inutile de vouloir être le père parfait en tentant de ne manquer aucune tendance et en voulant tout transmettre.

Néanmoins, un constat s’impose. Il est de notre de devoir, comme parent du 21 siècle, d’inculquer ce savoir-être et ce savoir-faire techno-moderne.

Nous aurons tous le réflexe de dire à nos enfants de ne pas écrire d’insultes, de ne pas mettre de photos compromettantes ou de ne pas partager d’information sensible sur internet. Pas surprenant, car notre vie adulte aura été parsemée de ces débats publics et anecdotes concernant le respect et la protection de la vie privée sur internet.

Mais aurons nous le réflexe d’inciter nos enfants à devenir des « citoyens virtuels » impliqués, audacieux, curieux et prolifiques, tout en demeurant authentiques, responsables et respectueux?

C’est notre version moderne du défi qu’ont vécu mes parents en ramenant à la maison le premier ordinateur, perplexes et intimidés par cette bête!

Ce n’est pas gagné d’avance… mais n’est-ce pas la joie d’être parent?

NB: Pour ma part, ce blog est une partie de ma réponse. Le fait d’entretenir un blog m’incite à rester curieux et diligent dans mes lectures. Il me force aussi à être plus ouvert et extroverti, même si je l’écris d’abord pour moi-même. Et j’aime bien l’idée de lancer du contenu unique et varié, qui me ressemble, disponible partout et pour toujours, afin que la création reste quelque chose de valeur au sein de ma famille. J’espère tout de même que le contenu puisse être utile à d’autres au passage!

Et si la bouffe était privatisée?

Cet automne, le cannabis sera légalement vendu dans les sociétés de la SQDC. La SAQ exerce un monopole sur la distribution de l’alcool au Québec. Les produits du tabac sont également soumis à des règles strictes concernant leur vente. Même les médicaments pourraient un jour être gérés, payés et distribués de façon centralisée, si on s’en remet au projet Pharma-Québec.

Pensons-y; quelles sont les raisons et motivations qui mènent notre gouvernement à créer des monopoles de ce genre?

  • La sécurité du public
  • L’encadrement de la vente
  • Le contrôle sur la qualité et l’usage

Alors pourquoi ne pas privatiser la nourriture?

Pourquoi est-ce que le gouvernement ne prendrait pas le contrôle de toute la bouffe qui se vend, de la même façon que pour ces autres substances?

Après tout, la malnutrition serait la cause d’un décès sur 5, selon une étude publiée dans The Lancet.  Mal s’alimenter est une cause majeure de diabète, de maladie cardiovasculaire et de cancer. Suivant la même logique, ne serait-il pas cohérent que l’état exerce un contrôle sur ce qui peut être vendu, dans quelles conditions, en quelles quantités et à quel prix?

Sandwich trop épais? Contravention!

C’est à cause du capitalisme, bien sûr.

Le capitalisme est une cible facile. Il est souvent critiqué. Parfois les critiques sont justifiées, mais parfois elles sont exagérées et condamnent vaguement les multinationales pour tout le malheur sur la planète.

Malgré tout, il reste le meilleur système. Pourquoi? Parce que grâce à lui, les entreprises n’ont jamais cessé d’innover et d’élargir l’offre globale de biens et services.

Le capitalisme a survolté l’industrie alimentaire

Je suis bien heureux et reconnaissant de pouvoir me procurer, pour un prix plus que raisonnable, du thé japonais, des raisons de Californie, du café brésilien et des bananes de l’équateur. Sans des entrepreneurs chevronnés qui se sont risqués à développer ces marchés au cours des 2 derniers siècles, rien de ceci ne serait possible aujourd’hui. Sans eux, je devrais probablement subsister sur du pâté chinois et de jus de pomme.

Ce commerce international se fait parfois au détriment de l’environnement et pas toujours dans le plein respect des droits des travailleurs. Je tente d’encourager les producteurs locaux et de consommer intelligemment.

Mais les progrès utiles sont derrière nous

Les réseaux de distribution alimentaire et les technologies agricoles modernes suffisent amplement à me fournir tout ce donc j’ai besoin ou envie. Les infrastructures alimentaires sont bien en place et, contrairement à autrefois, le capitalisme n’engendre plus autant d’innovations intéressantes dans le domaine agro-alimentaire. Il ne semble plus y avoir autant de possibilité d’avancement pour cette industrie. Nous avons déjà accès à tous les aliments et sommes servis par une industrie de transformation performante. Donc, afin de continuer à faire croître leurs profits, les entreprises agro-alimentaires se tournent plutôt vers l’augmentation de la transformation alimentaire.

Autrement dit, ils fabriquent plus de cochonneries, et plus de sortes différentes de cochonneries.

Ce n’est pas avec plus de cargaisons de bananes que DOLE fera plus d’argent. C’est plutôt en développant un super-méga-santé jus de bananes et en le vendant 4,99$ que le profit s’accumulera. (Sérieusement, je me fis à la popularité du sirop d’amoxicilline aux bananes auprès des enfants, le marché du jus de bananes est sous-exploité!).

Le problème dans tout ça est que le super-méga-santé jus de bananes fictif en question n’est pas vraiment super-méga-santé. Il est beaucoup plus cher qu’une banane, plus faible en fibre et fait hausser la glycémie plus rapidement, ce qui contribue à la résistance à l’insuline. Donc, l’innovation en nutrition n’est plus, et ne sera plus jamais, la clé vers une population mieux nourrie et plus en santé. (Sauf peut-être dans les pays où sévit encore la famine.) Au contraire, le retour vers une alimentation moins transformée est souhaitable. C’est d’ailleurs le thème de plusieurs livres donc ceux-ci: 100 Million Years of Food, Deep Nutrition ou N’avalez pas tout ce qu’on dit, le récent livre du nutritionniste urbain.

Super mega smoothie commercial… Bien souvent, vaut mieux opter pour une banane!

Bref,

  • La nourriture peut donc causer la maladie, lorsque mal utilisée.
  • L‘innovation n’est plus très utile et tend à ne pas être bonne pour la santé…
  • Les compagnies agro-alimentaires véhiculent beaucoup de mauvaise information sur leurs nouveaux produits, en plus d’enlever plus de dollars de nos poches pour des aliments à valeur nutritive égale ou moindre.
  • Bien des gens manques de connaissances et n’ont pas idée de combien et comment il faut manger pour optimiser sa santé.
  • En plus, la clientèle visée par l’industrie agro-alimentaire, c’est-à-dire tout le monde, est complètement et génétiquement vulnérable à surconsommer.

Quelle est la rationnelle pour privatiser le cannabis, mais pas la bouffe alors?

Il est clair que l’objet en question est dangereux et que le sujet en question est vulnérable.

Je suis bien conscient que le marché dont il est question représente des milliards de dollars, et que les lobbys les plus puissants du monde défendent les intérêts concernés. Mais s’il n’était pas question d’argent et que la décision se prenait sur la base de la santé, la sécurité, le contrôle et l’encadrement, ne serait-il pas logique d’accorder un traitement similaire à la nourriture qu’au cannabis, à l’alcool ou aux médicaments, en les soumettant à des règles strictes? De mettre des images d’artères bloquées sur la malbouffe et d’en limiter la quantité? De faire déambuler des conseillers alimentaires dans les supermarchés?

Il me semble qu’il y a beaucoup en jeu pour le consommateur. Mais encore… à l’aube des premiers joints légaux, ça serait peut-être les « trips de bouffe » qui deviendrait punissables si les Doritos étaient illégales… On ne peut pas tout avoir!

 

Qu’est ce qui vous fait rire?

Rire, c’est bien agréable. Mais à quoi ça sert au juste? D’un point de vue évolutionniste, pourquoi a-t-on hérité de ce « drôle » de réflexe qui nous fait dépenser de l’énergie sans aucune apparente utilité?

Pourquoi est-ce que la nature, pour qui tout à une raison d’être, a-t-elle fait en sorte que les êtres humains, et même les primates , s’adonnent régulièrement à cette activité?

Les origines du rire

L’action de rire a probablement vu le jour chez nos ancêtres il y a plus de 10 millions d’années. Comment est-ce apparu? Probablement en s’adonnant à des jeux vigoureux et des chatouillements. Ces efforts physiques amicaux les rendaient essoufflés et, progressivement, cette respiration haletante s’est métamorphosée en rires. Ainsi, les rires manifestaient une excitation partagée lors des jeux et envoyaient le signal que tout va bien et que les jeux peuvent continuer!

Les rieurs parmi nos ancêtres étaient donc ceux qui interagissaient plus longuement et plus souvent avec leurs acolytes. De par ces interactions plus fréquentes et enrichissantes, ils ont pu développer et entretenir de meilleures relations, de meilleures alliances ainsi qu’une communication semi-verbale plus riche et efficiente. Toutes ces choses furent bien utiles pour survivre et prospérer dans un monde ou la structure sociale en développement donnait naissance à des agglomérations plus grandes. Dans ce contexte, ce sont les plus habiles socialement, donc les rieurs, qui ont prospéré.

Le rire est donc probablement apparu avant même que le langage se développe. Il a été un bloc fondamental du développement de la vie en société bien avant de devenir la réponse à un stimuli humoristique que nous connaissons aujourd’hui.

Autrefois comme aujourd’hui, rire en interagissant avec quelqu’un, c’est un peu comme dire « nous sommes en train d’avoir une interaction enrichissante et je suis d’accord pour continuer à entretenir la relation entre nous, au moins pour un certain temps« . Un rire vaut donc bien des mots!

Que font 2 dinosaures qui ne s’entendent pas pour partager une proie? Un tyragosaure!

Le rire nous récompense

Les jeux de mots et les stands-up comiques à la Seinfeld basent leur humour sur une chose bien simple: la reconnaissance de patterns ou de liens, faute de meilleure traduction. Ce n’est pas surprenant. En tant qu’humains, nous sommes tous, presque par définition, des experts en reconnaissance de liens.

Je reconnais la forme d’une pomme, donc je la mange et je suis récompensé. Je reconnais les caractéristique du feu, donc je n’y touche pas – mais j’y fais cuire ma viande, donc je suis récompensé. La société moderne implique une dépendance envers les autres afin qu’ils jouent aussi le jeu de la reconnaissance. Par exemple, en tant que pharmacien, je reconnais une prescription pour un antibiotique. Puis je donne le médicament requis, donc mon client, ainsi que moi-même, sommes récompensés.

Mon show télé préféré, Seinfeld.

Au fil de l’évolution, notre câblage neurologique a pris la forme d’une machine qui favorise cette reconnaissance de patterns si utile et payante. Dès ses premiers mois de vie, les premiers rires que fera un bébé, c’est assurément lorsqu’un de ses parents lui fera un « coucou » en apparaissant subitement. Ceci lui donne ainsi la chance de mettre sa machine de reconnaissance à l’épreuve et d’être récompensé. Un peu à la façon d’une machine au casino, une petite explosion de joie survient à chaque fois que des patterns reliés les uns aux autres s’alignent… et le rire s’ensuit lorsque le contexte s’y prête!

Par son agréable effet anti-stress, le rire nous encourage à être aussi efficace la prochaine fois qu’on doit reconnaître un pattern au cas où ce soit, par exemple, une automobile qui traverse la rue à toute allure. Et surtout, il nous encourage à chercher de nouveaux patterns dans de nouveaux endroits, afin de continuer à repousser les frontières de ce que nous connaissons et de rester les leaders et l’espèce dominante. Typiquement, c’est un des traits que les gens rechercheront chez un conjoint ou une conjointe, comme en fait foi la plupart des profils sur les sites de rencontres. Alors, même si ça peut sembler quétaine, afficher sur son profil un critère tel que « doit avoir un bon sens de l’humour » cache une des plus grandes sagesses de l’évolution. On ne peut pas toujours dire la même chose des selfies dans l’autre coin de l’écran!

Le rire, aujourd’hui

De nos jours, dans un monde évolué et organisé, le rire peut-il toujours nous aider à survivre et prospérer? Il semble que oui. Le rire réduit le niveau de certaines hormones associées au stress, telles que le cortisol et l’adrénaline. Par la bande, ceci mène à un système immunitaire plus fort. Le rire augmente certains neurotransmetteurs associés au mieux-être, tels que les endorphines. Ainsi, le rire va complètement à l’encontre du processus caractérisant la dépression.

Rire fait aussi dépenser des calories et stimule les systèmes cardiovasculaire et pulmonaire de façon bénéfique. (À moins de fumer 3 paquets par jour et de s’étouffer en riant… dans ce cas je crois que le risque d’étouffement l’emporte sur les bénéfices!).

Le rire a contribué à faire de nous l’espèce dominante. Il a permis à nos ancêtre de développer des relations enrichissantes, des sociétés complexes et une soif d’aller plus loin. Il fait aussi de chacun de nous, individuellement, des humains plus en santé, plus heureux, comblés et plus susceptibles de trouver l’âme sœur et de se reproduire. Si seulement on pouvait mettre le rire en pilule! 

Offrez-vous donc une bonne dose de rire, aussi souvent que souhaité! C’est bon pour la santé… tant que le contexte s’y prête bien!

ÊTRE, puis AVOIR

Pour avoir ce que vous voulez vraiment, vous devez d’abord être ce que vous êtes vraiment.
-Tim Grover, l’entraineur de Michael Jordan, Kobe Bryant et Dwayne Wade, tiré de son livre RELENTLESS

ÊTRE et AVOIR.

Ces 2 verbes sont les piliers de la langue française. Ils sont omniprésents et semblent la tenir à bout de bras. À l’école, on nous dit de ne pas trop les utiliser afin de nous inciter à varier notre vocabulaire. Mais puisqu’ils sont si importants, devrait-on les utiliser autant que l’on veut? Et devrait-on en privilégier un plus que l’autre?

Prudence: ÊTRE et AVOIR peuvent être dangereux lorsque mal utilisés. Et je ne parle pas de fautes de syntaxe; je fais référence aux influences que ces verbes peuvent avoir sur nous.

Prenons une simple phrase comme “J’AI faim”. Qu’est-ce que J’AI en réalité? Rien. Au contraire, je me trouve dans un état ou il me manque quelque chose, car je ne SUIS pas comblé. Ou bien “J’AI peur”. Il n’y a rien à posséder dans cette situation. Il y a seulement quelqu’un qui doit ÊTRE rassuré.

Le verbe AVOIR prend même plus de place dans la lange française que dans la langue anglaise.

Anglais: « There IS a key there ». « I AM 20 years old ». (verbe être)

Français: « Il y A une clé là-bas ». « J’AI 20 ans ». (verbe avoir)

À bien y penser, n’est-ce pas un peu bizarre de devoir utiliser le verbe AVOIR juste pour indiquer où se trouve une clé ou notre âge?

Ces caractéristiques linguistiques sont bien ancrées en nous. “AVOIR” quelque chose devient l’une des premières expressions que les enfants maîtrisent. Puis au fil des ans, ce sont nos souhaits, nos choix et notre façon de vivre qui sont influencés par la prédominance de ce verbe dans notre langage. AVOIR la bonne sorte de shampoing pour ÊTRE plus beau. AVOIR la bonne voiture pour ÊTRE plus aventureux. AVOIR le nouveau iPhone pour ÊTRE à la mode.

L’équation doit être renversée.

Avant d’AVOIR ce que l’on veut vraiment, il faut d’abord ÊTRE qui l’on est vraiment.

Ce que l’on veut, ce n’est pas AVOIR le shampoing, la voiture ou le iPhone. C’est le sentiment d’ÊTRE beau, admiré et accepté. Le chemin pour y arriver n’est pas la pharmacie, le concessionnaire ou le Apple store. En apparence, ils y mènent… jusqu’à ce que le décor tombe et que l’on se retrouve au même endroit qu’auparavant, un peu plus pauvre et plus déçu.

Le vrai chemin est plus difficile à suivre car il nécessite de changer pour ÊTRE qui l’on est vraiment. Changer de travail pour se sentir accompli? Changer ses habitudes pour perdre 10 livres? Le parcours est plus long et ardu. Mais après quelques temps à le parcourir, un constat s’impose: on EST enfin qui l’on est. Et c’est ça la meilleure chose à AVOIR.

L’auteure de Harry Potter, J.K. Rowling, est l’auteure de littérature pour enfant ayant vendu le plus de livres. Mais avant d’y arriver, elle était une mère monoparentale, recevait de l’aide sociale et a été rejetée par plusieurs éditeurs. Elle ne voulait pas AVOIR des millions de dollars, elle voulait ÊTRE une auteure.

Dans le monde du sport, l’étoile de la NBA Dwyane Wade vivait une période difficile durant la fin de saison de 2012. C’est en prenant du recul pour oublier tout ce qu’il AVAIT (pression des fans et des médias, des blessures, des millions) pour se recentrer sur ce qu’il ÉTAIT (une étoile du basketball) qu’il a pu remporter le championnat.

ÊTRE avant d’AVOIR.

C’est la voie du succès, même si notre langue veut parfois nous dire le contraire!

Cuire ou ne pas cuire?

En 1976, Rocky Balboa avalait des œufs crus dans son shake matinal, alors qu’il semblait encore à moitié endormi. Malheureusement, ça ne lui a pas permis de vaincre Apollo Creed dans Rocky 1… aurait-il dû se faire des omelettes à la place?

Cuire est unique

Cuire nos aliments est peut-être l’ultime caractéristique qui nous différencie des autres espèces. Aucun autre animal ne s’adonne à cette activité. Un anthropologiste de Harvard, Richard Wrangham, s’est penché sur la question dans son livre « Catching Fire ». Selon son « hypothèse de la cuisson », ce n’est pas le language ou la fabrication d’outils et d’armes qui ont fait passé notre espèce au niveau supérieur. C’est plutôt la cuisson qui a mené au développement de plus gros cerveaux et de plus petits intestins chez nos ancêtres.

Comment?

Car une fois cuits, les aliments fournissent plus d’énergie et plus facilement (grâce à moins d’efforts nécessaires de la part de notre système digestif). En comparaison, les primates qui nous ressemblent le plus, mais qui ne cuisent pas leurs aliments, doivent passer jusqu’à 6 heures par jour à mastiquer... Presqu’un travail à temps plein!

La science derrière la cuisson

Généralement, la cuisson par la chaleur scinde les sucres complexes de plusieurs légumes et lentilles, ce qui permet d’absorber plus de cette énergie. Dans certains cas, tels que les asperges, les patates, les choux et les lentilles, la cuisson les rend plus digestes. Lorsque consommés crus, les sucres complexes non-absorbés transitent péniblement dans le système digestif et peuvent causer des ballonnements, des gaz et des crampes.

La cuisson par la chaleur, de même que la fermentation, augmentent aussi l’absorption de minéraux tels que le zinc, le fer et le magnésium, en inactivant des facteurs anti-nutritionnels. À cause de la forte affinité chimique de ces facteurs, ils « capturent » les minéraux et les rendent impossibles à absorber. Pour certains peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine, cette notion est d’une importance majeure car les lentilles constituent une source importante de nutriments.

Meilleures, les protéines crues?

Ce que Rocky recherchait en avalant une demi-douzaine d’œufs crus, c’était une bonne dose de protéines. Est-ce que ça en valait la peine? Probablement pas. Le contenu protéinique d’un œuf cru bien liquide et translucide ne semble pas mieux absorbé qu’un œuf tourné ou brouillé. Au contraire, la cuisson semble favoriser une meilleure absorption, quoi qu’elle puisse peut-être la ralentir un peu.

Même chose pour la viande.

En pensant à nos lointains ancêtres, l’image qui nous vient en tête serait plutôt d’un bonhomme poilu qui prend une grosse bouchée dans une cuisse de dindon sauvage à peine déplumée.

Une bonne cuisse de dinde de Disney World… oui elle est cuite! (fumée)

Mais la réalité, c’est que ceux-ci sont ultimement arrivés au même constat. La cuisson à la chaleur augmente l’absorption des protéines, jusqu’à un certain point. En les chauffant, les protéines sont dénaturées (dépliées), ce qui expose les sites de clivage faciles pour nos enzymes digestives. Elles peuvent donc être brisées en petits blocs et absorbés plus aisément. Mais au-delà d’une certaine température, les protéines bougent trop et deviennent chiffonnées, ce qui réduit l’accessibilité aux sites de clivage pour nos enzymes. Faire cuire, c’est donc bon pour la santé. Mais gare à ne rien brûler, car ceci détruira des protéines et augmentera la formation de composés cancérigènes!

Plus sécuritaire?

Il ne faudrait pas passer sous silence la possible présence de bactéries ou de parasites dans nos assiettes. Cependant, la différence selon les aliments est considérable. Jusqu’à 25% des poulets destinés à la consommation directe pourraient être contaminés par une souche de salmonelle, alors que c’est le cas pour seulement un œuf sur 30 000.  Restons vigilants cependant, car par le passé, la coquille des œufs a souvent été un vecteur de transmission de la bactérie.

Conclusion

Tout compte fait, la cuisson à la chaleur permet de tirer le maximum de nos aliments et de les rendre plus sécuritaires. Je ne suis pas trop fan du régime crudivore pour cette raison. En fait, un tel régime rend la digestion beaucoup plus difficile, inefficace et même plus dangereuse. Il est clair que l’être humain n’a pas été conçu pour une telle alimentation. En comparaison, une vache a 4 estomacs et passe le plus clair de son temps à mâcher… pas trop pratique!

Et que dire de l’aspect social de la cuisson? Avant les poêles, les fours et les micro-ondes, la préparation d’un repas impliquait obligatoirement de longues heures passées autour du feu. Le contexte parfait pour que nos lointains ancêtres perfectionnent l’art de socialiser, sans lequel les fondements de notre société n’auraient jamais vu le jour. Voilà un sujet fascinant que Michael Pollan aborde dans son livre Cooked.

BONUS!

Comment éviter la confusion, la honte et la déception au resto à déjeuner. © 1995 A Goofy Movie.

Tant qu’à parler d’œufs, voici l’information à savoir pour ne pas figer devant la serveuse au resto, comme je l’ai fait quelques fois. Peut-être suis-je le seul à ne pas encore bien maîtriser les types de cuisson? Peu importe, il devrait être obligatoire pour les serveuses de porter un t-shirt avec cette légende!

Oeuf miroir = Sunny side up

Oeuf tourné (jaune liquide ou pas)

Oeuf brouillé = Scrambled

Oeuf poché (ce qu’il y a dans les œufs bénédictines)

Oeuf à la coque (encore mou)

Oeuf cuit dur