Archives d’auteur : Maxime B.-Roy

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À propos de Maxime B.-Roy

Pharmacien et passionné par la santé et les affaires! Je me plais à y trouver un fil conducteur!

Le TDAH et les pilules: ce n’est pas un jeu d’enfants!

Le TDAH (trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) est une condition couramment diagnostiquée en âge scolaire et parfois en âge préscolaire ou à l’âge adulte. On y constate un manque d’attention, et souvent de l’hyperactivité et des comportements impulsifs.

Des conséquences multiples
Au quotidien, TDAH peut se manifester de plusieurs façons. Peu importe l’âge auquel il survient, il peut affecter:

  • le raisonnement;
  • la performance;
  • le comportement;
  • les émotions;
  • le développement des relations avec les autres.

Le traitement du TDAH doit idéalement se faire sous différents angles: la thérapie comportementale, adapter les routines, et la médication. Chaque situation est différente, mais généralement, la combinaison de ces éléments est conseillée.

Quand vient la prescription…
Initier un traitement médicamenteux auprès de son enfant ne doit pas être vu comme un échec. Un TDAH non détecté et non traité peut avoir des conséquences sérieuse: échecs scolaires ou décrochage, dépression, relations humaines perturbées, mauvaise performance au travail et même risque d’accidents plus grand.

Un traitement à l’aide d’un médicament est un outil de plus pour que votre enfant entretienne des meilleures relations sans disputes, finisse ses devoirs et respecte les consignes.
Le premier choix est souvent un médicament de la classe des psychostimulants, par exemple Concerta®, Biphentin® ou Vyvanse®. Ne prenez pas ce nom à la lettre, votre enfant ne deviendra pas plus stimulé. C’est plutôt la communication entre les différentes parties du cerveau qui est améliorée, ce qui permet une meilleure concentration et un meilleure contrôle de soi-même.

La dose est généralement ajustée progressivement, par exemple, une semaine à la fois. Ceci permet d’évaluer l’efficacité et de détecter l’apparition d’effets secondaires. Soyez à l’affût d’un appétit réduit, d’une perte de poids ou d’un sommeil perturbé.

Les effets indésirables
Quel que soit le médicament choisi, les effets indésirables ont la fâcheuse tendance de perturber le traitement. Ne les laissez pas vous décourager; ils s’atténuent bien souvent au cours du traitement. De plus, certains trucs permettent de les contourner:

TDAH: trucs pour gérer les effets indésirables fréquents.

Comme l’effet des psychostimulants dure 10 à 12 heures, l’appétit et le sommeil reviendront en soirée… à condition quel la dose soit prise tôt le matin!

Les autres
D’autres classes de médicaments existent et peuvent venir compléter ou remplacer les psychostimulants. Les 2 plus souvent rencontrés sont l’atomoxétine (Strattera®) et la guanfacine (Intuniv XR®).

TDAH: 2 alternatives fréquentes aux psychostimulants.

Faites équipe!
Votre principal allié dans ce traitement, c’est votre enfant lui-même. N’ayez pas peur de discuter avec lui du médicament:

  • À quoi il sert et les bénéfices qu’il aura pour lui;
  • L’éventualité d’avoir à tester différentes doses, médicaments ou même en combiner plusieurs;
  • L’importance de ne pas donner ou échanger son médicament avec quiconque.

Considérez aussi ces quelques remarques particulières:
Dans la majorité des cas, si le médicament est bien toléré, il vaut mieux le donner 7 jours sur 7 plutôt que de faire des pauses, afin d’éviter une perception négative du médicament.
En raison des règles en vigueur, il faut aller chercher le médicament à la même pharmacie, à des intervalles réguliers . Il est préférable de bien se coordonner entre parents lorsqu’il y a une garde partagée.
Des test génétiques simples, utilisant la salive, sont maintenant disponibles. Il permettent de déterminer quel médicament fonctionnera le mieux chez votre enfant. Renseignez-vous auprès de votre pharmacien.

Mon avis personnel…
Parfois, les parents sont déçus d’avoir à donner un médicament. D’autres fois, ils sont soulagés d’avoir enfin un outil pour aider leur enfant. Le plus souvent, c’est un peu des deux. C’est tout à fait normal. Il ne faut pas se sentir coupable. Les médicaments peuvent toujours être modifiés ou cessés plus tard, mais l’avenir de votre enfant se joue aujourd’hui. Il est donc primordial de bien s’informer et de bien se faire conseiller, afin de prendre les bonnes décisions.

Le TDAH… vraiment pas un jeu d’enfants!

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Facebook et votre cerveau


Je me souviens de la journée où j’ai ouvert mon profil Facebook. C’était en 2007, et j’étais en dernière année de mon Baccalauréat en pharmacie. À ce moment, Facebook était loin ce que l’on connaît aujourd’hui. C’était plutôt un site où les universitaires s’amusaient à rejoindre virtuellement leurs collègues de classe et partageaient des vidéos des têtes à claques.

Des années se sont écoulées, et les réseaux sociaux se sont multipliés et étendus. Facebook est en quelque sorte devenu une société distincte, avec ses propres règles, communautés, commerces et loisirs. Les réseaux sociaux en général sont maintenant programmés de façon à vous garder accrochés afin que vous vous y promeniez des heures de temps. Je me surprend parfois à y « brûler du gaz » inutilement, sans but précis.

De l’énergie non-renouvelable
Chaque jour, notre moteur (notre cerveau) a un nombre limité de rotations à nous offrir. Qu’allez-vous en faire? Chacune de vos pensées qui est dirigée vers une alerte ou une notification inutile, c’est un « RPM » qui vous a fait tourner en rond au lieu de vous faire avancer.

Quand vous démarrez votre voiture, vous connaissez votre destination. Et fort probablement, vous empruntez généralement le chemin le plus direct pour y arriver. Tout ça afin de sauver du temps, de l’essence, et d’arriver à votre destination à temps, sans s’égarer ou tomber en panne.

Vous n’arrêtez pas inconsciemment à tous les coins de rues pour voir ce que font les voisins. Vous n’arrêtez pas à tous les magasins affichant un solde. Vous n’arrêtez pas pour regarder ce que l’ami d’un ami regarde sur sa télé, ou chaque fois qu’un piéton a quelque chose à partager. (Enfin, il y a des moments pour les balades, mais ce n’est pas tous les jours.)

Sauvons la planète et ne gaspillons pas nos ressources! Je suis plus que d’accord. Et votre cerveau, et plus précisément chacune de vos secondes et de vos pensées, elles non plus ne sont pas renouvelables.

Passer son permis de… téléphone?

Je lui ai peut-être donné un cellulaire un peu trop tôt?

On est d’accord: partir l’auto sans savoir où l’on va, ce n’est pas trop logique. Est-il censé alors d’ouvrir son téléphone ou son ordinateur sans savoir ce qu’on va y faire?

N’importe qui ayant un permis de conduire doit être conscient de la discipline requise. Les conséquences de ne pas suivre les règles sont concrètes: accidents, amendes, perdre son permis.

Ne faudrait-il pas aussi exercer une certaine discipline à l’endroit des réseaux sociaux et des notifications? Les conséquences ne sont peut-être pas aussi concrètes, mais bien réelles tout de même: contre-performance au travail, ne pas atteindre ses objectifs, négliger ses proches, sentiment de ne pas s’accomplir, épuisement psychologique, stress et anxiété qui en découlent, etc…

On m’a appris qu’une voiture, ça peut devenir une arme et blesser des gens. Les réseaux sociaux, n’est-ce pas la même chose?

Pas que du mauvais
Tout comme la voiture, les Facebook, LinkedIn, Twitter et autres nous permettent d’aller là où l’on veut, avec une puissance inimaginable il y a 10 ans à peine. Rester en contact avec de la famille éloignée, partager des idées au monde entier ou en privé, dénicher un emploi inaccessible autrement, etc…

Mais avec une telle puissance vient de grandes responsabilités. Et comme toute cette techno est très récente, nous sommes loin d’en avoir saisi l’ampleur… comme en fait foi chaque ado de 15 ans qui lit ses notifications Facebook pendant que je lui explique son médicament!

YouTube vs les pharmaciens

Le système de santé souffre. De tout bord tout côté, les professionnels de la santé font face à plus de travail, et moins de ressources (sauf peut-être les médecins spécialistes, dont les augmentations à venir font beaucoup réagir).

Du côté des pharmacies?

C’est le même son de cloche. Le volume et le type de travail varie beaucoup d’une pharmacie à l’autre, mais la réalité est la même. De plus, lorsque les cliniques et les urgences débordent, c’est vers la pharmacie que les gens se tournent.

Cette crise est donc en train de devenir notre nouvelle réalité, et devant ce défi, il y a un besoin d’agir rapidement.

Pour ou contre la techno?

Certains de mes collègues perçoivent la technologie comme un obstacle ou même un ennemi, non sans raison. En effet, l’informatique amène son lot de bugs et de frais, tandis que les géants du web menacent de voler notre place!

Je suis d’avis que l’adversité offre toujours une opportunité de se démarquer. Ainsi, je suis déterminé, et je dirais même obsédé, à rendre ma pharmacie plus apte à répondre aux attentes de notre clientèle.

Écoutez-moi bien, puis pesez sur STOP!

Le projet qui m’anime présentement est celui de conseils par vidéo. Loin de moi l’idée de ne plus parler aux clients; laissez-moi vous expliquer.

Lorsque je remet un médicament, mes consultations sont divisées en 2 segments distincts:

1- Des conseils généraux (ex: mode d’emploi d’une pompe, effets secondaires, conseils non-pharmacologiques);

2- Des conseils personnalisés (interactions à surveiller, moments de prises adaptés, avertissements spécifiques à la situation du patient).

Comme bien des gens, j’aimerais garder mon travail, donc ne pas être remplacé par un robot avec intelligence artificielle! Alors, je tente de consacrer le plus de temps pour les conseils personnalisés! C’est là où je peux me distinguer et faire le plus de bien à mes clients.

Ainsi, j’ai commencé à produire des vidéos, disponibles sur YouTube, qui fournissent des conseils généraux. Lors de mes consultations, je peux donc passer moins de temps à répéter des informations de base (que la nouvelle génération peut Googler en un instant de toute façon), et passer plus de temps à écouter, détecter les problèmes et personnaliser les informations pour chacun.

Des conseils par TEXTOS

Mes clients reçoivent ces vidéos instantannément par texto, en réponse à un mot-clé qui leur est remis en pharmacie. Deux jours plus tard, un système de suivi automatique par texto est déployé, afin de capter les cas problèmes (antibiotique inefficace après 2 jours, effets indésirables fréquents, etc..).

Je vous invite à consulter la page de VIDÉOS de mon site afin de visionner ces premiers courts-métrages! D’autres suivront assurément.

À votre avis, devrait-on donner plus de place à ce type de technologie dans le système de santé?  Lire la suite

Biohacking simplifié… jusqu’où irez-vous?

Un peu d’histoire

Nos parents et grand-parents ont travaillé sans relâche pour bâtir la société d’aujourd’hui. Grace à eux, nous profitons aujourd’hui d’un confort et de technologies qui nous rendent la vie plus facile… ou est-ce bien le cas?

Le déclin du secteur manufacturier.

Le secteur manufacturier est en constant déclin depuis les années 50. De moins en moins d’entre-nous gagnons notre pain à la sueur de notre front. C’est bien tant mieux; je suis le premier à profiter de ma pharmacie climatisée et de mon tapis en mousse mémoire.

Ne nous faisons pas d’illusions: rien n’est gratuit et ce confort a un prix. Assailli de toutes parts par nos ordinateurs, iPhones, notifications et courriels sans fin, c’est notre cerveau qui est aujourd’hui la victime de notre style de vie. Sans compter le stress, le manque de sommeil, d’exercice et de nutrition adéquate. Nous nous retrouvons, dans bien des cas, en moins bonne forme physique que nos grand-parents au même âge.

Le chaîne de travail, d’hier à aujourd’hui. Ma pharmacie est bien douillette!

Biohacking: la solution aux problèmes d’aujourd’hui?

Ainsi, la société nous encourage à être plus performant dans un environnement truffé de distractions et de tentations. En réponse à cette demande est né un mouvement bien propre à notre génération: le biohacking*, que l’on peut décrire comme la prise de contrôle de sa propre biologie afin d’être à son meilleur. Plus précisément, les buts recherchés par ses adeptes sont

  1. Augmenter ses capacités cérébrales;
  2. Augmenter ses capacités physiques;
  3. Augmenter sa longévité.

C’est donc de vouloir être plus intelligent, plus fort et ce pour plus longtemps. Qui n’accepterait pas une telle proposition? Là où les opinions divergent, c’est jusqu’où aller pour y parvenir. Certains sont prêts à aller très loin pour atteindre leurs objectifs!

Voici une revue non-exhaustive du sujet, teinté par ma vision de pharmacien… et par le gros bon sens!

Transfusions

Un peu de sang de jeune pour se revigorer? Cette pratique, issue de la Sillicon Valley californienne (le domicile de nombreux millionnaires de l’Internet), est basée sur le principe que des cellules de jeunes adultes (18 à 25 ans) permettraient aux vieux millionnaires de se payer une cure de jeunesse! Un petit 8000$ bien investi?

Pour le moment, les preuves ne soutiennent pas cette technique vampiresque, et même si c’était le cas…

Tests génétiques et biométriques

Savoir d’avance quels gênes vous ralentissent ou vous mettent à risque de certaines maladies: c’est possible dès aujourd’hui via des entreprises telles que Biogeniq ou 23andme.

Par exemple, une mutation d’un gène nommé MTHFR peut ralentir une voie métabolique importante qui active l’acide folique (ou vitamine B9) afin qu’elle soit utile pour nos cellules. Cette même voie fabrique le glutathion, une protéine ayant des rôles importants via ses effets protecteurs et antioxydants. Dans ce cas, des suppléments de vitamines activés (méthylés) pourraient faire une différence.

D’autre part, les appareils biométriques (Fitbit, Apple Watch, Oura Ring et applications diverses) permettent d’accumuler des informations variées sur vos mouvements, votre sommeil, votre fréquence cardiaque et bien plus. Le tout est très intéressant et sans aucun risque… sauf celui de dépenser quelques centaines de dollars pour, au bout du compte, ne pas changer grand chose à vos habitudes!

Ces tests me laissent perplexes. L’homéostasie de notre corps est déjà l’ordinateur le plus puissant qui soit. En temps réel, tout est analysé et ajusté. Pour biohacker en douceur, il faut seulement lui fournir tout ce dont il a de besoin, et ne pas lui nuire. Certains tests peuvent donner de l’information très intéressante, et le futur nous amènera surement de belles surprises. Mais quelqu’un à l’écoute de son corps et ayant un style de vie adéquat n’aura, la plupart du temps, peu ou pas d’ajustements ciblés à faire.

Médicaments d’ordonnance

Le phénomène du biohacking a popularisé des médicaments d’ordonnance tels que le Vyvanse (Lisdexamphétamine), Adderall (amphétamine), Alertec (modafinil) pour leurs effets sur l’attention et les performances cognitives. Ces médicaments ont des effets indésirables et des potentiels d’abus qui ne justifient pas un tel usage. En tant que pharmacien, je suis particulièrement critique de l’usage inapproprié des médicaments.

Le Glucophage (metformin), un médicament très populaire pour le diabète, est quant à lui à l’étude pour son effet « contre le vieillissement ». La FDA a bel et bien cité le vieillissement comme étant une maladie!

Non au mauvaise usage des médicaments. Consultez votre médecin si vous croyez vraiment avoir une condition médicale, comme un TDA. L’étude sur le metformin promet d’être bien intéressante, mais pour le moment, il est trop tôt pour en faire cet usage.

Jeûne intermittent

Pour la plupart d’entre nous, 3 repas par jour, c’est la norme. Cette abondance favorise les désordres métaboliques et l’apparition de maladies telles que le diabète. Or, les humains ont évolué dans un contexte ou l’absence de nourriture n’était pas rare. En conséquence, des mécanismes d’adaptation sont apparus et nous permettent de bonnes performances physiques et cognitives pendant des périodes de plusieurs heures, voir quelques jours, où l’apport en calories est nul ou presque. L’activation de ces mécanismes semblent protéger contre les maladies, les cancers et le vieillissement. Il existe différentes façons d’appliquer ce principe (jeûner de 20h à midi le lendemain, une journée complète par semaine ou 3 à 5 jours chaque trimestre).

Ce n’est définitivement pas pour tout le monde. Mais certains lundis matin, lorsque le frigo est vide et que le souper de la veille était copieux, je passe en dessous de la table… jusqu’au soir! L’impact est dur à mesurer, mais je suis persuadé, considérant notre évolution, qu’il ne faut pas laisser ces mécanismes d’adaptation rouiller en nous! De plus, un jeûne permet à notre corps de mieux répondre à l’insuline, ce qui a un effet protecteur contre le diabète.

Améliorer son sommeil

La sagesse qui m’a été inculquée en bas âge.

Dormir de 7 à 8 heures est sans doute le juste milieu à viser pour tous. Raccourcir ou allonger régulièrement ses nuits au delà de ces recommandations augmente le risque de mortalité de toute cause. De plus, un sommeil de qualité est lié à un meilleur apprentissage. Nos parents nous l’ont pourtant tous appris dès notre plus jeune âge, mais il semble que ce soit un art que l’on perd avec le temps.

C’est le défi de notre génération. Cependant, aucun aliment, médicament ni acharnement à une tâche ne peut remplacer une nuit de sommeil idéale, c’est à dire 6 cycles complets de 90 minutes… 7h30!

Mieux gérer son stress

Le stress peut être court et positif (un exercice intense) ou chronique et néfaste (angoisse au travail). Il peut être la cause ou le résultat d’un mauvais état de santé et de bien-être. Du coup, les recommandations et produits dérivés abondent: yoga, méditation, psychologue, mesure de la variance de la fréquence cardiaque… Autant d’options que vous avez de dollars à dépenser.

Trouver une façon bien à soi de gérer son stress et l’incorporer à son horaire sur une base régulière, sans se ruiner.

Mieux se nourrir

Il est difficile d’imaginer une facette de notre santé qui ne soit pas affectée par ce que l’on mange.

  • Trop de sucre ou de caféine cause de l’anxiété puis l’inévitable sugar-crash. Pas assez, et l’humeur en prend sur son coup;
  • Pas assez de fruits et de légumes mène à des carences en vitamines ou à un manque de fibres;
  • Des aliments transformés risquent de perturber nos hormones et neurotransmetteurs.

Et j’en passe… La performance au quotidien, autant que la santé à long terme, ça passe d’abord par la nutrition!

La façon la plus simple, efficace et délicieuse de biohacker, sans aucun doute!

Bouger plus

Ce n’est un secret pour personne que l’exercice permet une meilleure forme physique ainsi qu’une vie plus longue et en santé. Mais qu’en est-il des performances au travail ou à l’école?

Il est de plus en plus clair que l’exercice améliore la performance de notre cerveau via le BDNF. Cette protéine protège nos neurones et permet de meilleures connexions entre eux. Les exercices de type HIIT (entraînement par intervalle à haute intensité) est, d’après moi, la façon la plus facile d’intégrer des exercices efficaces à sa routine. Les vidéos de Fitness Blender sont très utiles pour savoir où commencer.

Lorsque possible, je m’entraîne, même si ce n’est que quelque minutes, chaque matin avant le travail. La constance est plus importante que l’intensité. J’utilise souvent les vidéos de Fitness Blender sur Youtube!

Suppléments

Dans le contexte du biohacking, le terme Nootropique est utilisé pour désigner les suppléments et substances pouvant aider à améliorer les capacités physiques et biologiques. Ceux-ci incluent les médicaments d’ordonnances discuté plus haut, mais aussi toute une classe de suppléments.

Certains suppléments et produits naturels peuvent aider dans la quête de performance sans effets secondaires notables. Les carences en vitamine D, en magnésium et en Oméga-3 ne sont pas rares. En fait, notre alimentation et notre style de vie ne permet probablement plus d’obtenir les niveaux requis de ceux-ci. Coeur, cerveau et système immunitaire souffriront tous en cas de carences: des suppléments de qualité et bien choisis sont donc une option à envisager.

Les suppléments de TCM (triglycérides à chaîne moyenne) sont également intéressants et sécuritaires. Ces gras peuvent être utilisés comme source d’énergie par notre cerveau, et plusieurs constatent une amélioration de leur performance cognitive (pensée plus claire, raisonnement et mémoire plus efficace). De plus, ils pourraient nous protéger contre le syndrome métabolique (obésité, hypertension, diabète).

Les 7 vitamines du complexe B ont des rôles variés, allant de la communication entre nos neurones à la production de l’énergie. Leur usage est sécuritaire à dose régulière.

D’autre molécules gagnent en popularité dans la communauté des biohackers. Par exemple, le Piracetam pourrait aider le cerveau à mieux processer l’information. Des compagnies telles que HVMN (auparavant appelée Nootrobox) ont rapidement flairé la bonne affaire et vendent des suppléments à gros prix qui se vantent de pouvoir faire de nous des surhumains! Il est cependant trop tôt pour les recommander plus largement car les risques d’un usage régulier de ces produits n’est pas bien connu.

La plupart des suppléments sont sécuritaires.. J’utilise le complexe B, les Omega-3, la vitamine D et le magnésium en rotation. J’essaye de maximiser les source naturelles (légumes, poissons, soleil) autant que possible. J’ajoute une cuillère à soupe d’huile de TCM dans mon café chaque matin. Parlez-en à votre pharmacien!

Quant à vous?

Certains entrepreneurs, comme Serge Faguet ou Dave Asprey, sont prêts à investir des centaines de milliers de dollars et prendre des risques pour atteindre des niveaux presque surhumains d’intellect et de performance. Jusqu’où êtes vous prêts à aller pour vous biohacker?

*À ma connaissance, le terme n’a pas été francisé et je ne crois pas que la traduction littérale « fouineur biologique » soit convenable!

TOP 10 des faits à savoir concernant les antibiotiques.

En 1928, Dr Alexander Fleming découvrait la pénicilline, le premier antibiotique, dans son laboratoire de Londres.

Nous voici 90 ans et des millions de vies sauvées plus tard. Les antibiotiques font partie de mon quotidien de pharmacien… et peut-être du vôtre, de temps en temps.

Il sont parfois essentiels, quelques fois superflus… Avoir de bonnes habitudes de vie est la meilleure façon d’être moins malade, moins souvent. Mais lorsqu’il faut les utiliser, mieux vaut les utiliser correctement.

Voici donc les 10 questions les plus souvent posées dans ma pratique.

  1. Les antibiotiques peuvent guérir un grosse grippe plus rapidement.
    FAUX. Les antibiotiques ne sont pas efficaces contres les rhumes et grippes, qui sont causés par des virus. Par contre, certains rhumes peuvent se compliquer et en nécessiter.
  2. Il faut espacer de 2 heures la prise d’un PROBIOTIQUE et d’un antibiotique.
    VRAI. Les probiotiques peuvent réduire les effets indésirables des antibiotiques, mais il faut respecter ce délai. Les yogourts ne sont pas aussi puissants que les suppléments de probiotiques.
  3. Il faut toujours prendre les antibiotiques avec de la nourriture.
    FAUX. Dans plusieurs cas, la nourriture réduit les effets secondaires. D’autre fois, ce n’est pas nécessaire, ou même déconseillé.
  4. Nausées, diarrhées et vomissements sont des signes d’allergies à un antibiotique.
    FAUX. Ce sont des effets indésirables fréquents, mais ne sont pas les signes d’une allergie.
  5. Il vous reste une vieille ordonnance non-terminée; vous pouvez les ré-utiliser pour une autre infection.
    FAUX. Dans beaucoup de cas, l’antibiotique risque de ne pas être efficace, et pourrait même vous nuire.
  6. Si votre médecin vous prescrit une culture d’urine, il faut attendre de l’avoir faite avant de commencer le traitement.
    VRAI. Sinon la présence d’antibiotique dans votre organisme empêchera le test de fonctionner.
  7. Il faut toujours terminer son antibiotique.
    VRAI, dans la majorité des cas. Vaut mieux prendre son antibiotique jusqu’à la fin, même si l’on se sent mieux, afin de complètement éliminer l’infection. Vous pourriez cependant recevoir des instructions différentes, dans certains cas.
  8. Il ne faut pas boire d’alcool durant le traitement.
    VRAI, pour certains. L’alcool, le lait et les jus de fruits peuvent affecter certains antibiotiques. Renseignez-vous auprès de votre pharmacien.
  9. Comme je suis allergique à la pénicilline, mon enfant l’est aussi.
    FAUX. Les allergies ne sont pas héréditaires. Par contre, elles peuvent survenir n’importe quand, surtout en bas âge. Sachez que les allergies réelles sont rares, et difficiles à distinguer. Soyez vigilants et si vous développez une réaction, décrivez la avec précision à votre médecin ou votre pharmacien.
  10. Les pharmaciens ont maintenant le droit de prescrire des antibiotiques!
    FAUX.. sauf dans certains cas. Par exemple, avant un voyage, pour certaines infections urinaire chez la femme ou pour la prévention cardiaque chez les porteurs de valve. Autrement, un traitement antibiotique nécessite de voir un médecin afin d’obtenir un diagnostic.

Voyez le tout sur vidéo!

Utilisez ces informations pour rendre votre traitement efficace et sécuritaire.

Savez-vous d’où vient votre pilule?

Le 3 avril prochain, les prix de 70 des médicaments génériques les plus prescrits au Canada baisseront de 25% à 40%. Le ministre Gaétan Barrette est bien connu pour ses qualités de négociateur féroce et pour son acharnement sur les pharmaciens et les pilules en général!

Quelques chiffres

40,2 milliards en santé! En a-t-on pour notre argent?

Environ 800 millions de dollars sont déboursés par le RGAM (c’est à dire l’assurance publique du Québec) pour nos médicaments génériques. Pour illustrer ce que la baisse représente: si le prix d’environ 80% de ces médicaments est réduit de 33% en moyenne, on peut s’attendre à ce que la dépense du RGAM baisse d’environ 200 millions de dollars.

Le budget 2018 pour la province de Québec prévoit des dépenses de 40,2 milliards de dollars pour la santé et les services sociaux; c’est donc une économie représentant 0,5% de ce poste de dépense.

Ça peut sembler une bonne nouvelle et c’est en partie le cas. Mais en pharmacie et dans le secteur pharmaceutique en général, nous anticipons les conséquences négatives de cette nouvelle. En effet, cette économie risque d’avoir des impacts allant bien au-delà de votre reçu de pharmacie.

La vie d’une pilule générique

De sa naissance à sa mort, un comprimé typique a une existence très bien remplie et peut parfois même faire le tour du monde. Tout au long de sa vie, beaucoup de gens veillent à sa création, son développement, ses déplacements, son comportement… et ses funérailles.

Matières premières

Pas très romantique, la conception d’une pilule: la première étape est de s’approvisionner en produits chimiques, qui réagiront plus tard pour donner naissance au médicament recherché. Ces matières premières ont aussi leurs propres histoires à elles, ajoutant tout un niveau de complexité… Pour des raisons de temps et de simplicité, nous ne y attarderons pas.

Fabrication

Une fois les ingrédients réunis, la chimie fait son oeuvre. Inutile de dire que ces étapes ont lieu dans des usines devant maintenir de hauts niveaux de technologie et être entretenus de façon exemplaire. Ces usines sont d’ailleurs sujettes à des inspections par la FDA, l’agence américaine chargée d’assurer la qualité des aliments et des médicaments.

Emballage

Suite au contrôle de la qualité interne du fabricant, les comprimés sont comptés, emballés et étiquetés en vue d’être distribués. Plusieurs compagnies pharmaceutiques peuvent acheter les comprimés provenant du même fabricant, avec chacun leur étiquette. Alors, tout problème survenu depuis le début du processus peut affecter une grande partie – ou même l’entièreté – de l’approvisionnement d’un médicament pour le Canada.

Transport

La lune de miel à l’étranger a été longue, mais c’est ici qu’elle se termine. Il faut rentrer à la maison et se mettre au travail. Dans plusieurs cas, toutes les étapes précédentes ont eu lieu à l’international. Ainsi, un conflit au moyen-orient, une inondation à Porto Rico ou une panne électrique en Inde peut avoir des répercussions directes sur le nombre de pilules dans votre pot le mois prochain.

Entrepôt

Une fois débarqués de l’avion, dédouanés, et inspectés comme il se doit, les comprimés ont droit à un moment de repos, bien au frais et au sec, dans un entrepôt pharmaceutique. C’est ici que la stratégie de Goliath se fait sentir. Au cours des dernières années, les fusions et acquisitions entre les chaînes de pharmacie, les distributeurs pharmaceutiques et les grands du commerce de détails ont donné naissance à des géants. Ceux-ci ont même eu l’idée de créer leurs propres « marques maison » de médicaments. (Si vous recevez une de ces marques, pas d’inquiétudes: la qualité est la même, et l’approvisionnement est parfois plus prévisible). Résultat: il pourrait bien y avoir certaines marques chouchous sur les tablettes de l’entrepôt où votre pharmacien s’approvisionne.

Livraison

Une fois commandé de l’entrepôt, la bouteille de médicaments doit être livrée dans des conditions bien strictes. Des narcotiques et des produits réfrigérés nécessitent des procédures particulières. Trafic, météo et bris mécaniques peuvent aussi compliquer les choses de temps à autres.

Inventaire

Le travail du personnel de la pharmacie prend ici son importance. On doit anticiper la demande afin d’avoir assez de médicaments pour bien servir la clientèle… mais que les tablettes ne débordent pas, et que les pilules n’expirent pas! On doit jongler avec des dizaines de fournisseurs et des disponibilités qui varient. En effet, pour toutes les raisons décrites ci-haut, ainsi que la pression financière exercée par le gouvernement, la chaîne du médicament craque de plus en plus souvent!

Pharmacien

C’est le début de la fin pour votre pilule. Elle est comptée et étiquetée à votre nom. Votre pharmacien vous explique comment la prendre puis vous suivez ses conseils.. du moins on l’espère! Il récupère aussi vos médicaments non utilisés ou expirés, afin de réduire la contamination environnementale.

Un périple complexe et difficile

Il est maintenant clair que le médicament que l’on vous sert est un bien de consommation extrêmement complexe et pouvant être très dangereux s’il est mal utilisé… ou s’il est carrément absent de nos tablettes!

Les baisses de prix affectent cette chaîne du début à la fin. Le gouvernement pourra se vanter de réduire ses dépenses de santé de 0,5%, mais les pharmaciens et leurs équipes, les médecins et les patients vivront sans aucun doute les conséquences néfastes de ces coupes. Ruptures de stock, rappels, médicaments discontinués font maintenant partie de notre quotidien et ça ne fera qu’empirer.

Conséquences indirectes

Ce n’est pas un secret: les pharmaciens touchent des allocations professionnelles de l’ordre de 15% sur leurs achats et doivent réinvestir ces sommes dans leur laboratoire, pour le bénéfice du service à leur clientèle. Donc, 15% de 200 millions de dollars représente 30 millions de dollars en moins pour vos pharmaciens… alors que les médecins spécialistes toucheront 2 milliards de dollars de plus au cours des 10 prochaines années. Loin de moi l’idée de comparer ces 2 professions, mais le constat est clair: ça ne va pas dans la même direction!

Que pensez-vous des baisses de prix des médicaments génériques?

Comment j’ai perdu 68 livres

C’était l’été 2010, et la balance affichait ces chiffres: 235. Un sommet personnel; 235 livres. Je suis plutôt grand (6’2"), et comme les critères d’apparence pardonnent aisément un surpoids chez les hommes, j’étais loin d’être perçu comme étant obèse. J’étais normal, ou un peu joufflu disons. Mais le calcul de mon IMC disait autre chose: 30,2, donc obèse.

Au-delà des chiffres, je réalise avec le recul à quel point je n’étais pas bien. J’étais dans la jeune vingtaine, mais j’étais fatigué, j’avais toujours faim et je souffrais de reflux acide et d’acné.

Pourtant, je mangeais sainement selon les recommandations que l’on entend souvent: yogourt sans gras, lait écrémé ou de soya, céréales avec fibres, pain brun, produits à grains entiers, tofu, sucaryl dans mon café, pas trop de viande, etc…

Tous ces aliments me rendaient complètement malade. Aujourd’hui, je ne consomme plus ces aliments et je ne me suis jamais senti mieux. Quant à la balance, elle indique plutôt une moyenne de 167 livres. Presque 70 livres de moins. Il m’arrive de m’entraîner avec un haltère de 35 livres dans chaque main, et je peine à m’imaginer avec tout ce poids supplémentaire sur le dos!

Comment j’y suis arrivé
Au risque de décevoir, je n’ai aucun secret ou aliment miracle à vous présenter. Lorsque l’occasion se présente, j’apprécie partager les trucs et habitudes m’ayant permis d’atteindre ce résultat. Mais le point de départ d’un tel périple n’est pas le gym ou le supermarché. C’est devant le miroir.

D’abord se fixer un objectif: la santé.
Non pas juste un chiffre, mais quelque chose qui se sent et qui se vit. Se sentir en forme, être capable de jouer avec ses enfants sans s’essouffler, réduire son risque de diabète, être moins stressé au travail. Tout ça peut se concrétiser si votre objectif est la santé, et la perte de poids suivra assurément.

« Avoir un but en tête n’est pas une garantie de l’atteindre – mais n’avoir aucun but en tête est une garantie d’arriver à rien » – Ryan Holiday – Ego Is the Enemy

Ensuite: la constance.
Les jours sont tous différents, mais ont une chose en commun: des obstacles entre nous et notre choix santé. La météo, le frigo vide, le temps qui manque… Et tôt ou tard, il y aura des défaites:  manger un muffin pendant la réunion, arrêter au fast-food, manquer une séance de gym…

« Nous sommes ce que nous faisons de façon répétitive. L’excellence, donc, n’est pas un accomplissement, mais une habitude. » – Aristote

La prochaine opportunité de se faire du bien nous attend toujours, pas si loin. Au lieu de s’en vouloir, vaut mieux trouver le truc qui nous permettra de surmonter l’obstacle la prochaine fois. Apporter quelques noix pour résister au muffin, dormir dans ses vêtements de gym, couper des légumes d’avance.

Rien n’est gratuit
Chaque fois que je me demande si j’ai le temps de descendre au gym, de faire mon lunch, ou si payer un extra légumes au restaurant vaut la peine, je me rappelle un vieux diction:

« Celui qui ne peut pas trouver du temps pour faire de l’exercice devra trouver du temps pour la maladie. » – Inconnu

Je suggère d’élargir ce dicton aux choix alimentaires et monétaires. Il peut sembler coûteux d’investir dans de bons aliments. Mais faute de le faire, le temps viendra où cet argent disparaîtra en médicaments et en soins médicaux. Ça va de soi que ces dépenses seront beaucoup moins plaisantes que de se payer une grosse salade à son goût, aujourd’hui.

J’ai choisi de partager cette tranche de vie afin de raviver, chez ceux en ayant besoin, l’envie d’une santé presque parfaite. On n’y arrive jamais, certes, et c’est très bien ainsi. Néanmoins, c’est avec l’ambition et la constance que les objectifs deviennent à notre portée.

Pour ceux intéressés à connaître mon régime, je n’en ai aucun précis, mais je vous propose mes 5 règles de base pour une perte de poids.

Mes 5 règles pour santé et perte de poids

Bien que je ne suive aucun régime strict, voici les 5 règles principales qui influencent mon alimentation.
  1. Éliminer les glucides simples (farine de blé, pain, pâte, patate blanche);
  2. Éliminer les huiles végétales (huile de soya, huile de canola, huile de tournesol);
  3. Augmenter les bons gras (huile d’olive, poissons gras, avocats, noix et noix de coco) – essentiel pour compenser les calories réduites suite aux points #1 et #2;
  4. Manger autant de légumes variés que désiré, et un peu de fruits. Manger plus de fruits est correct, une fois la perte de poids bien amorcée;
  5. Cesser de boire des calories ou des édulcorants (boissons gazeuses, jus, boissons sportives ou énergisantes, alcool).

Ces règles sont inspirées des régimes Slow-Carb, Paléo et de données issues de constats récents dans le domaine de la nutrition. Selon mon expérience personnelle, qui est partagée par plusieurs, ces 5 règles appliquées avec constance permettent d’atteindre des résultats rapides mais surtout durables de santé et de perte de poids. Une fois qu’un poids santé et qu’un état de bien-être est atteint, c’est correct d’être moins strict de temps en temps, mais pas plus de 20% du temps.

Toute personne souffrant déjà d’une maladie chronique (ex: diabète), doit consulter un professionnel de la santé avant de changer drastiquement son alimentation.

5 raisons de bien faire manger un enfant avec TDAH

N’importe quel enseignant vous le dira: il y a de plus en plus d’enfants atteints d’un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Selon les études, on parle d’une prévalence de 5 à 12%; c’est donc dire jusqu’à 3 enfants par classe.

Est-ce à cause de notre système d’éducation mal adapté? Est-ce parce que le problème est mieux diagnostiqué? Est-ce à cause du rythme de vie plus rapide ou d’une nutrition déficiente? Comme pour biens des maux de notre époque, la réponse est probablement: toutes ces réponses!

Certains suppléments sont régulièrement recommandés pour aider les enfants atteints de TDAH à améliorer leur concentration et leur comportement. En voici quelques uns.

Magnésium et vitamine B6

La vitamine B6 (ou pyridoxine) est une vitamine essentielle à plusieurs niveaux de notre métabolisme, dont la production de neurotransmetteurs (les composés chimiques permettant la communication entre notre cerveau et notre corps).

Le magnésium est un minéral essentiel à la régulation du système nerveux central. Un manque de magnésium favorise un état plus « excitable », pouvant ainsi mener à de la nervosité, de l’irritabilité et éventuellement à des changements de comportement. Difficile de déterminer la fréquence réelle des carences en magnésium. Elles sont rarement détectées, mais avec seulement 25% des américains atteignant la dose quotidienne recommandée, fort probable que ce soit un facteur à considérer.

La combinaison magnésium – vitamine B6 donnée chez des enfants TDAH montre une amélioration des symptômes d’hyperactivité, d’agressivité et d’inattention. Même scénario chez les enfants atteints d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA). D’autres études plus grandes suggèrent d’attendre plus de preuves avant de faire des recommandations.

Certains aliments riches en B6:

– Dinde
– Boeuf (nourri à l’herbe de préférence)
– Pistaches, graines de tournesol, graines de sésame
– Thon
– Lentilles, surtout les pois chiches

Certains aliments riches en magnésium:

– Chocolat noir
– Avocats
– Noix et graines
– Lentilles
– Certains poissons gras
– Bananes
– Légumes à feuilles vert-foncés

Oméga-3

Ces « bons gras » sont nécessaires, entre autres choses, au développement et au bon fonctionnement de notre cerveau. Il est donc primordial de les inclure à l’alimentation, et ce dès la grossesse!

Un supplément d’oméga-3 a des effets bénéfiques chez les enfants atteints de TDAH et peut aussi permettre de réduire le dosage de médicaments nécessaires. Il semble qu’un débalancement des ratio oméga-3 (bons gras venant surtout de poissons) vs oméga-6 (moins bons gras venant surtout d’huiles végétales) soit plus commun chez les enfants atteints de TDAH.

Il est clair qu’un apport suffisant, et probablement qu’un supplément de qualité, est une bonne idée pour tous, surtout les personnes avec un TDAH. Mis à part un possible arrière-goût, c’est un produit très sécuritaire et bien toléré. Aucune dose n’est officiellement indiquée, mais pour des enfants d’âge scolaire, on cherche à avoir environ 1000 à 1500 mg d’acide gras oméga-3 fournissant de 300 à 450 mg d’EPA et de 200 à 300 mg de DHA.

Certains poissons riches en oméga-3:

– Plutôt riches: maquereau, truite, sardines, thon albacore, saumon, hareng
– Un peu moins riche: flétan, thon dans l’eau, morue

Choisissez vos poissons sauvages lorsque possibles. Leur alimentation naturelle permet à l’accumulation de plus d’oméga-3 et moins d’oméga-6.

Probiotiques

L’utilité de ceux-ci dans plusieurs domaines n’est plus à démontrer. Notre système digestif est conçu pour abriter une diversité et une quantité impressionnante de ces bonnes bactéries, et le lien entre le cerveau et notre système digestif est un sujet d’actualité.

Une étude à récemment permis de constater qu’un supplément de probiotique donné en début de vie permet de réduire le risque de développer des troubles tels que le TDAH plus tard dans l’enfance. La souche utilisée dans celle-ci est le Lactobacillus rhamnosus.

Notre mode de vie aseptisé, l’omniprésence des antibiotiques, les naissances par césarienne et nos aliments pasteurisés, malgré tous leurs avantages, ont réduit et modifié la diversité de nos flores digestives. Une bonne flore est essentielle à une bonne santé, et comme elle peut bénéficier au TDAH, mieux vaut y voir. Le yogourt (idéalement sans sucres ni édulcorants) est un bon aliment probiotique, bien que limité en diversité. Au besoin, procurez-vous un supplément probiotique de qualité, surtout après un antibiotique.

Zinc

Les preuves d’efficacité sont moins convaincantes concernant le zinc. Cependant, ce minéral-trace demeure tout de même essentiel à notre système nerveux, reproducteur et immunitaire. Et comme les rhumes circulent pratiquement de septembre à juin, c’est une bonne raison d’y prêter attention.

Certains aliments riches en zinc:

– Fruits de mer
– Viande et volaille
– Produits laitiers
– Noix et lentilles
– Grains et céréales fortifiées

Mélatonine

C’est une hormone sécrétée par la glande pinéale, une petite glande se logeant dans le cerveau. Elle permet de régulariser le cycle de veille et de sommeil. Lumière réduit son effet et la noirceur l’augmente et facilite le sommeil.

La mélatonine n’influence pas directement le TDAH, mais en pratique, elle est souvent utilisée chez les enfants d’âge scolaire à doses de 3 à 5 mg afin de contrer l’insomnie causée par les médicaments stimulants. Un bon sommeil est essentiel.

Médicaments

Même si tous les parents préféreraient s’en passer, lorsqu’un TDAH compromet sérieusement le rendement scolaire et le développement d’un enfant, il est préférable d’utiliser un ou plusieurs médicaments. Lorsque bien utilisés, il sont efficaces et sécuritaires. La CADDRA est une bonne ressource pour les parents et les professionnels de la santé.

Hippocrate aurait bien aimé vous dire ceci

« Laissez la nourriture être votre médecine, et que votre médecine soit votre nourriture. »

– Attribué à Hippocrate, un des pères de la médecine.

Comme pharmacien, je me retrouve souvent au beau milieu des médicaments, des produits de santé naturels, des vitamines, des régimes, etc… La plupart des gens recherchent une réponse simple et rapide à leur problème. Certains veulent des pilules, mais les autres, surtout pas de chimique!

Que pensez de cette consigne d’Hippocrate aujourd’hui? Nul doute que d’innombrables vies humaines n’auraient pu être sauvées, si on l’avait suivie à la lettre. À première vue, la puissance de la médecine moderne la rend plutôt désuète.

Mais voilà, la diète nord-américaine demeure la principale cause de maladies chroniques. Nous ne cesserons jamais de découvrir de nouvelles façons dont les aliments influencent notre organisme. Malgré cela, les sommes investies en recherche sur les aliments sont minimes, en comparaison à ce qui est investi en recherche pharmaceutique. (Après tout, qui profitera d’un changement pour une alimentation plus saine, sauf nous-mêmes?) Bref, Hippocrate a au moins en partie raison.

Lorsqu’on pense aux maladies, ce qui surgit en réalité, c’est la peur de celles sur lesquelles nous n’avons peu ou pas de contrôle: cancers, infections graves, maladies neuro-dégénératives, accidents et traumas, etc…

Ne laissons-pas ces maladies soudaines nous réduire à un rôle de victime impuissante. Ce rôle, nous nous y réfugions trop souvent et trop facilement. En fait, la grande majorité des ordonnances que je sert sont pour des problèmes de santé qui peuvent être évités. Qui plus est, la science actuelle nous indique de plus en plus que plusieurs cancers, maladies auto-immunes et l’Alzheimer sont en partie influencés par notre nutrition et nos habitudes de vie.

Prenons, par exemple, quelqu’un dont le médecin pose un diagnostic de diabète type 2. Le diagnostic est posé, et ce qui était auparavant une déséquilibre dû aux glucides est maintenant une maladie de laquelle on devient victime, et pour laquelle des médicaments doivent être prescrits. Résultat: nous tournons le dos à la sagesse d’Hippocrate. Un retour du balancier s’impose entre les médicaments et les habitudes de vie.

Qui profite du changement vers de bonnes habitudes? Nous-mêmes, et personne d’autres. En fait, le Goliath de la Santé (pharmaceutique, agro-alimentaire, médecine, politique) écope bien souvent de nos bonnes décisions.

Chaque nouvelle journée nous offre des dizaines d’occasions de prendre de bonnes décisions. Chacune d’entre-elles peut réellement nous faire du bien… sans ordonnance!